Angéline MARTEL

Madame LERALU, à titre d’inspectrice honoraire de l’Éducation nationale en France, vous connaissez intimement l’enseignement de la langue basque dans les écoles publiques de France (Éducation nationale). Pouvez-vous situer cet enseignement pour les lecteurs et lectrices de DiversCité Langues?

  Claudine LERALU

Parler de l’enseignement de la langue basque dans les écoles publiques de France comporte un aspect réducteur car c'est d'un enseignement bilingue qu'il s'agit et non de l'enseignement d'une seule langue, mais c'est encore sous l'appellation " enseignement du basque " qu'est désignée la structure scolaire mise en place en 1983, ce qui traduit bien ses origines. Elle est née en effet dans un dur contexte de revendication linguistique et identitaire.

 

  Angéline MARTEL

Pouvez-vous nous décrire ce contexte?

  Claudine LERALU

En ce qui concerne le contexte linguistique de la langue basque :

  • elle est en voie de disparition. La transmission familiale ne se fait plus. Les situations sont très diverses selon les lieux : alors que des villages du Pays Basque intérieur conservent 80 à 90% de locuteurs bascophones, d'autres, sur la côte, n'en comptent plus que 1 à 2% ;
  • eelle reste fortement marquée par son caractère rural, associée à l'échec scolaire et à la stagnation sociale. Elle est jugée impropre à transmettre des connaissances abstraites, " scientifiques " et l'école reste, avant tout, le lieu où l'on apprend le français ;
  • elle est une langue de faible diffusion et de faible poids économique ; langue régionale en France, langue co-officielle avec le castillan chez le voisin proche (Communauté Autonome d'Euskadi) mais, pour beaucoup, il vaut mieux apprendre l'anglais ;
  • elle est le symbole de la revendication violente et de l'engagement politique ;
  • elle possède plusieurs variétés dialectales présentées comme un obstacle insurmontable dans l'enseignement.

Quant au contexte social, la conscience de la perte de la langue apparaît, relayée par des associations culturelles. La politique volontariste de rebasquisation de la Communauté voisine (" l'autre côté " comme on dit ici dans une formule lourde de sens) pèse aussi sur les attitudes en France, accentuant la prudence ou l'engagement.

La question de la langue crée des clivages dans les familles, chez les élus, les enseignants. Cette langue est objet de désir mais aussi de refus obstiné, signe de reconnaissance et facteur de division, souvenir de souffrances et emblème mythique du futur. Pour ma part, venant d'une région où aucun problème linguistique ne se posait, j'ai découvert avec étonnement la précaution ou la violence des propos et des comportements. La demande sociale s'adresse à l'école et elle est variée : de la simple présence symbolique de la langue à un enseignement tout en basque en passant par le désir d'un enseignement équilibré dans les deux langues, basque et français.

  Angéline MARTEL

Et le contexte pédagogique?

  Claudine LERALU

En 1983, il existait en France 2 types d'enseignement de la langue basque :

  • dans le Service Public et dans les écoles privées confessionnelles catholiques sous contrat, un enseignement à raison de 3 heures par semaine donné par des enseignants "itinérants" aux élèves volontaires ;
  • dans le réseau privé associatif des écoles appelées " Ikastolak ", un enseignement entièrement en langue basque en maternelle et dans la première année de l'école élémentaire, le français étant introduit progressivement ensuite.
Ces 2 types d'enseignement n'étaient pas vraiment bilingues : l'un considérait la langue basque comme matière supplémentaire, l'autre reproduisait le système unilingue dans une autre langue que le français.

  Angéline MARTEL

Pouvez-vous aussi nous décrire le contexte administratif?

  Claudine LERALU

Entre les 3 heures d'enseignement de la langue comme matière et l'immersion totale dans la langue, une voie moyenne pouvait être trouvée.

Le contexte administratif était le suivant : programmes et horaires nationaux, école ouverte à tous, conditions égales pour tous.

Comment rester dans ce cadre tout en transformant un enseignement traditionnellement unilingue en enseignement bilingue ? Il fallait pour cela relever un double défi :

  • réaliser un enseignement du basque capable de tenir la route à côté du " tout en basque " ;
  • maintenir la place et la qualité de l'enseignement du français.

C'est sous le tir croisé de ceux qui défendaient l'enseignement " tout en basque " et de ceux qui pensaient que l'enseignement d'une autre langue plus de 3 heures par semaine allait compromettre l'apprentissage du français, que s'est construit le module d'enseignement bilingue.

  Angéline MARTEL

Et dans quel cadre institutionnel ces enseignements bilingues sont-ils logés?

  Claudine LERALU

Le 21 juin 1982 paraît une Circulaire Ministérielle (Circulaire Savary) sur les Langues Régionales. On y trouve cette phrase : " Enfin seront étudiées les conditions dans lesquelles pourront être créées des classes expérimentales bilingues... " Ces conditions n'étaient pas précisées mais la porte était ouverte.

Le 18 avril 1983, la première classe bilingue ouvrait à l'école publique de Sare (Pyrénées Atlantiques).

 

  Angéline MARTEL

Pouvez-vous nous décrire l’enseignement mis en place dans ce contexte. Tout d’abord, sur quels principes se fonde cette organisation bilingue ?:

  Claudine LERALU

Cet enseignement se fonde sur quatre principes :

  • Une égale considération pour les 2 langues, principe de tolérance, de respect mutuel, restituant sa dignité à chaque langue, d'une manière positive, sans les opposer, et condition de réussite.
  • Le respect des programmes nationaux, principe d'intégration dans le système éducatif existant.
  • Le même horaire pour chaque langue, signe concret de l'égale considération.
  • Le respect de l'horaire officiel de français.

A la fois fondation et charpente du module d'enseignement, ces 4 principes sont étroitement liés. Ils conduisent à la nécessité d'enseigner certaines matières en langue basque. Il faut donc commencer le plus tôt possible, dès la maternelle, et mettre les enfants dans des conditions adaptées à leur âge c'est à dire les faire " vivre " dans chaque langue (immersion) avec une personne de référence (un maître, une langue, un lieu).

  Angéline MARTEL

Quelles disciplines sont enseignées dans chaque langue ?

  Claudine LERALU

Le choix des disciplines enseignées en langue basque s'est porté sur les mathématiques et les sciences pour la totalité de l'horaire, les arts plastiques, l'éducation musicale, l'éducation physique et sportive pour une partie de l'horaire.

L'expérience permet d'affirmer que ce fut un bon choix car ces disciplines exigent un langage simple mais précis, permettent un brassage efficace du lexique et des structures de la langue, donnent les premières clés de la culture.

Le suivi de ces disciplines pendant toute la durée de la scolarité, une approche originale des différents écrits, assurent la cohérence et la solidité de l'ensemble.

  Angéline MARTEL

Qu’en pensent les enseignants et enseignantes 

  Claudine LERALU

Le cadre général fixé par le module d'enseignement est apprécié des enseignants. C'est un utile contrepoids à la complexité des situations. Il fournit des repères indispensables et les contraintes qu'il introduit sont génératrices de réalisations concrètes variées, adaptées à chaque école. Il permet de mieux maîtriser l'ensemble spécifique que constitue un enseignement bilingue dont les différentes parties agissent en synergie et peuvent jouer en faveur de meilleurs résultats.

  Angéline MARTEL

Si cet enseignement est offert sur une base volontaire, quelle organisation adopter pour l'école dont les enfants suivent les uns le cursus bilingue, les autres la scolarité unilingue habituelle ? Regroupez-vous tous les enfants bilingues dans des classes spéciales ou laissez-vous les élèves bilingues dans la classe de leur niveau et les regroupez-vous seulement pour les activités en basque ?

  Claudine LERALU

Les deux modes de fonctionnement sont possibles. Nous avons préféré le second (décloisonnement) pour permettre aux bilingues de garder des moments d'enseignement commun avec leurs camarades unilingues et éviter toute ségrégation. Le risque de voir se constituer en ghetto le groupe des enfants choisissant l'enseignement bilingue était sans doute plus grand à l'époque que maintenant, quinze ans après. Le mode de fonctionnement par classe peut convenir à l'extension de ce type d'enseignement au plus grand nombre d'écoles. Il faut néanmoins ne pas perdre de vue la nécessité de bien intégrer la classe bilingue dans l'école et d'éviter la marginalisation.

  Angéline MARTEL

Quels sont donc les objectifs de cet enseignement ?

  Claudine LERALU

L'enseignement bilingue ainsi défini dans ses principes et son fonctionnement se donne pour objectifs de :

  • Rendre positive et transformer en chance de réussite une particularité locale qui avait été longtemps un handicap pour certains enfants.
  • Maintenir la pratique d'une langue millénaire faisant partie du patrimoine linguistique de la région.
  • Développer chez les enfants des compétences linguistiques, base et moteur d'un plurilinguisme ultérieur, en s'appuyant sur les langues présentes dans l'environnement familial ou proche.
  • Initier les enfants à la diversité et à la tolérance

  Angéline MARTEL

Un tel programme d’enseignement ne s’institue pas sans certaines difficultés. Quelles sont celles que vous avez rencontrées ?

  Claudine LERALU

Crée d'abord dans une seule école, cet enseignement s'est développé verticalement en touchant d'année en année tous les niveaux de l'école élémentaire. Extension horizontale aussi, avec de nouvelles écoles. Actuellement, 1600 enfants environ suivent une scolarité bilingue (25 lieux d'implantation).

La longue tradition de centralisme et d'unification du système éducatif français, la résistance d'une partie du corps enseignant attaché à des modes de fonctionnement qu'il ne souhaite pas remettre en cause, les préjugés liés au bilinguisme ont néanmoins constamment freiné l'extension et même alimenté la polémique.

Les parents des premiers élèves bilingues ont manifesté une certaine inquiétude quand leurs enfants sont entrés dans la première année de l'école primaire. Ceux qui ne parlaient pas le basque craignaient de ne pouvoir contrôler le travail de leur enfant. Tous se demandaient comment allait se dérouler l'apprentissage de la lecture, les mathématiques...

Mais cette inquiétude s'est révélée, en fait, bénéfique. Elle a modifié les relations parents-enseignants ; elle a été le point de départ de rencontres plus fréquentes et d'une confiance réciproque. Elle a été également le " ciment " d'une Association de Parents (IKAS BI), créée en octobre 1986. Cette association a fait connaître l'enseignement bilingue et soutenu l'édition d'outils pédagogiques. Son aide a été précieuse ainsi que celle des élus (Maires, Conseillers généraux...).

  Angéline MARTEL

Vous avez sans doute évalué de manière longitudinale ce programme. Quelles conclusions tirez-vous, par exemple, de la maîtrise de la langue basque, des mathématiques et de la langue française ?

  Claudine LERALU

L'évaluation a été pratiquée dès la première année de la mise en place de l'enseignement bilingue à l'école élémentaire (1984). Elle se donnait pour but d'apporter des éléments de réponse aux questions simples et directes que tous se posaient :

  • comment une pratique bilingue pouvait-elle s'intégrer dans la scolarité des enfants de l'école publique respectant les programmes et horaires nationaux ?
  • comment ces écoliers, volontaires dans le cadre du recrutement habituel de l'école, assujettis par ailleurs aux règles communes de travail, allaient-ils " suivre " et évoluer ?

L'inquiétude des parents portait sur trois points sensibles :

  • la langue française : les enfants bilingues n'allaient-ils pas être plus " faibles " dans cette langue ?
  • la langue basque : quel niveau serait atteint ?
  • les mathématiques : les programmes pouvaient-ils être assimilés en basque aussi bien qu'en français ?

L'évaluation, comparative et réalisée sur un échantillon représentatif d'enfants bilingues et non bilingues du même groupe classe et ayant le même enseignant de français, a donc porté sur les acquisitions disciplinaires (mathématiques) et les compétences dans les deux langues, française et basque. (La plupart des enfants suivant l'enseignement bilingue sont de langue maternelle française. La langue basque est le plus souvent leur seconde langue. Les pratiques linguistiques dans les familles sont variées, avec une présence plus ou moins grande de la langue basque).

Les résultats ont montré que :

  • la langue française ne souffre pas de la présence d'une autre langue. Elle semble même bénéficier des interactions entre les deux apprentissages ;
  • les connaissances mathématiques sont bien transmises en langue basque. L'attention accrue des enseignants à l'égard de l'obstacle linguistique aide à la conceptualisation et exclut tout verbalisme ;
  • la langue basque : La compréhension est acquise mais l'aisance dans l'expression est mons grande qu'en français (sauf pour les enfants qui utilisent cette langue dans le milieu familial). Néanmoins, les enfants se servent de la langue basque " de manière spontanée et autonome ", comme moyen naturel de s'exprimer et de travailler avec les personnes leur parlant cette langue. Ils savent lire et écrire en basque.

L'évaluation a été renouvelée chaque année (observation sur plus de 10 ans).

Régulièrement les résultats des bilingues se sont révélés sensiblement meilleurs, en français comme en mathématiques.

D'autres remarques fondées sur l'observation quotidienne ont été faites par les enseignants. Les enfants bilingues semblent avoir une plus grande capacité d'attention, de concentration, plus de vivacité d'esprit et d'aptitude à l'analyse, de persévérance et d'initiative. Ils paraissent plus créatifs et s'adaptent facilement aux changements. Il serait abusif néanmoins de prétendre que ces aspects sont dûs au seul bilinguisme.

Les effets sur le système scolaire lui-même sont notables. Permettez-moi de citer Isabelle Lichau :

" l'établissement d'un nouveau mode de vie dans l'école fait éclater les structures habituelles et les routines, non sans heurt parfois mais avec des effets finalement générateurs d'un dynamisme créatif. Les liens avec les parents se resserrent dans une grande confiance et une réflexion constructive. Les enseignants (volontaires) trouvent (ou retrouvent) dans une situation nouvelle, difficile, voire risquée, des raisons d'agir avec ardeur. L'environnement hostile ou passionné a donné à cet enseignement, au début, tous les caractères d'une situation pionnière. Il a été un étonnant révélateur des rigidités du système éducatif et des mentalités mais aussi de leur capacité à évoluer et à s'adapter. On peut penser que les constats positifs qui ont été relevés tiennent à l'évolution des structures. On a dit aussi que la volonté de réussite d'enseignants motivés et de parents attentifs ‘bonifiait’ les résultats mais qui s'en plaindrait ? Et qui ne souhaiterait en faire la règle générale ? " (Isabelle LICHAU, dans Des langues vivantes à l'école primaire ouvrage coordonné par C. Gerbeau, Editions Nathan).

  Angéline MARTEL

Quel suivi de cet enseignement faites-vous au collège et au lycée ?

  Claudine LERALU

À la rentrée 1988, une section intégrant la langue basque a été ouverte au Collège Maurice Ravel à Saint Jean de Luz pour accueillir le premier groupe d'élèves bilingues entrant en 6ème. L'horaire prévoyait 7 h 30 hebdomadaires de langue basque dont une discipline enseignée dans cette langue.

Actuellement, cet enseignement peut être suivi jusqu'au baccalauréat, avec le même horaire.

 

  Angéline MARTEL

Et maintenant, après plus de quinze année, quelle est la situation aujourd’hui ?

  Claudine LERALU

Cet enseignement s'est développé régulièrement depuis 1983. Il a remplacé dans certaines écoles l'enseignement à 3 heures hebdomadaires (cette formule minima s'est cependant maintenue dans les petites écoles rurales du Pays Basque intérieur). Il s'est implanté dans la zone côtière ou proche de la côte dans un mouvement dialectique constant de progression / stagnation.

Les attitudes ont évolué. L'image de la langue basque s'est valorisée et sa présence dans l'école publique y a grandement contribué. Les jeunes enseignants, les parents se rencontrent et avec eux la diversité des choix ; les clivages s'atténuent.

Les études prospectives de développement de la région, conduites par les élus, tiennent compte de l'enseignement bilingue qui entre ainsi dans le paysage linguistique local.

D'autres régions ont mis en place le même type d'enseignement et adopté le mode de fonctionnement expérimenté au Pays Basque. C'est le cas de l'Alsace dont une délégation est venue observer sur place en 1990-1991, et celui de certaines écoles pour l'occitan et le catalan.

L'institution aussi évolue : une nouvelle Circulaire Ministérielle (Circulaire Darcos-Bayrou, 7 avril 1995) reconnaît l'enseignement bilingue. Un poste d'Inspecteur Général chargé spécialement des langues et cultures régionales a été créé.

Localement, les aspects négatifs de l'image de la langue basque ne sont pas effacés pour autant. Des crispations subsistent, des oppositions se cristallisent, les peurs réapparaissent, peur du séparatisme, peur du préjudice supposé pour la langue française, refus des changements liés à la mise en oeuvre de nouveaux modes de fonctionnement scolaire. Les préjugés dépassent parfois la langue régionale, s'attachent au bilinguisme en général, mettent en avant le coût jugé excessif d'un tel enseignement et une conception étroite de la mission de l'école.

Il semble néanmoins que, petit à petit, l'enseignement bilingue s'inscrive d'une manière irréversible comme un fonctionnement possible et souhaité de l'école.

 

  Angéline MARTEL

Au terme de ce bilan, nos lecteurs et lectrices seront sans doute intéressés par les motifs qui vous incitent à instituer cet enseignement. Pourquoi le basque ?

  Claudine LERALU

Répondons par une autre question : pourquoi pas le basque ?

  • Langue millénaire qui a toujours été objet d'intérêt pour les linguistes ;
  • Langue de structure totalement différente du français dont la connaissance donne la clé des langues à déclinaisons ;
  • Langue qui ouvre sur une culture avec ses aspect originaux (" bersu " ou poésie improvisée), ses traditions, une littérature, une histoire... ;
  • Langue présente dans l'environnement et, pour certains enfants, dans la famille.

Alors pourquoi se priver de cette richesse ? Premier ancrage local, familier donc rassurant pour l'enfant mais sans intention d'enfermement, premier pas au contraire vers d'autres langues et d'autres cultures. Enseignement bilingue précoce, mettant à profit les périodes sensibles, transdisciplinaire et intégré dans le cursus ordinaire de la scolarité il n'est pas exclusif d'autres langues, bien entendu. Est-il exemplaire ? Le bilinguisme et le plurilinguisme apparaissent à beaucoup actuellement comme l'un des traits de l'avenir en Europe et dans le monde mais peu décrivent ou proposent des modalités pratiques d'apprentissage. Il n'est pas inconvenant de penser que le modèle mis à l'épreuve depuis plus de dix ans au Pays Basque puisse devenir l'un de ces outils capables de répondre aux besoins d'un proche futur. Structure pédagogiquement et linguistiquement solide, elle devrait aussi -et nous le tenons pour capital- être en mesure de faire face aux excès et dérives toujours possibles. La parité des langues n'y est pas seulement pédagogique : elle est appel à une égale considération à l'égard de ces langues et de ceux qui les parlent, porteuse et garante de tolérance." (Isabelle LICHAU. ouvrage cité plus haut).

  Angéline MARTEL

Une dernière question doit être posée. Selon cette expérience, une éducation bilingue améliore-t-elle la compréhension entre les locuteurs des différentes langues ? Contribue-t-elle à instituer plus de tolérance, de solidarité, d'ouverture d'esprit ?

  Claudine LERALU

L'évaluation devrait examiner si cet objectif " ultime et fondamental " est atteint. Une telle évaluation n'est pas simple à réaliser et ne peut se faire qu'à long terme mais " il est évident que nous ne pouvons y renoncer si nous voulons réellement justifier l'éducation bilingue ". (M.SIGUAN. Éducation et bilinguisme. UNESCO. Delachaux et Niestlé).

  Angéline MARTEL

Madame LERALU, nous vous remercions de ce témoignage.