Pour référence :
KASORO TUMBWE, Romain. 1999.
Position de l'anglais en République Démocratique du Congo. DiversCité Langues.  En ligne. Vol. IV. Disponible à http://www.teluq.uquebec.ca/diverscite

 

Introduction

Le paysage linguistique congolais est, comme on le sait, très bigarré, avec ses 212 langues auxquelles se superposent quatre véhiculaires et une langue officielle d’origine européenne remplissant les fonctions supérieures, le français. Quant à l’anglais, introduit au niveau secondaire de l’enseignement en 1960 aux dépens du néerlandais, il n’est parlé que par une infime minorité de citoyens et ne sert guère en réalité qu’en des circonstances extraordinaires. Il bénéficie cependant d’un certain engouement, qui se manifestait déjà sous le régime du Président Mobutu.

En témoignait par exemple, déjà alors, la prolifération d’écoles de langues où prédominait l’enseignement de l’anglais. Il se disait déjà beaucoup, qu’à l’intérieur du pays, un gradué ou un licencié en anglais n’était pas voué seulement à l’enseignement, carrière décriée à cause des mauvais salaires, mais pouvait aussi travailler dans des entreprises qui rétribuaient mieux, dans la diplomatie, etc. Qu’un jeune cadre connaissant l’anglais bénéficiait de plus de mobilité (vers le Canada, les États-Unis, la République Sud-africaine) que son collègue dont le bagage en langues internationales se réduisait au français. Appréciés en Afrique du Sud, des ingénieurs et des médecins congolais ont émigré en nombre vers ce pays pour échapper à l’interminable crise économique qui sévissait au Zaïre et l’anglais constituait pour eux un visa d’entrée.

Depuis le 17 mai 1997, la situation ne s’est guère modifiée sous ces différents rapports, mais une tendance paraît se dessiner parmi les nouveaux dirigeants, où on peut lire le souhait de réduire le français à la fonction d’" instrument de travail " et une certaine sympathie à l’égard de l’anglais. Ainsi, un projet de constitution propose de faire de l’anglais la deuxième langue officielle. Pour indiquer les valeurs des billets de la nouvelle monnaie, on recourt au kiswahili, au français et à l’anglais, ce qui marque l’intégration de l’État dans la SADC (Communauté de développement des États de l’Afrique australe). Manifestement "minoritaire", l’anglais fait donc son entrée dans un paysage linguistique diglossique ou même triglossique où il doit affronter des vernaculaires, des véhiculaires et le français, toujours vivace dans sa fonction de langue de culture.

Si la position de certains hommes d’État congolais est exprimée explicitement, on ne sait pas avec précision quelle est l’image de l’anglais dans les représentations des Congolais, et on ne dispose pas d’informations précises qui dissocient rélités d’une part, impressions ou stéréotypes d’autre part, et qui permettent de jauger les chances et les atouts de cette langue en République Démocratique du Congo à partir de l’étude de la vision qu’en ont les citoyens congolais.

C’est la raison pour laquelle nous avons conduit une enquête par questionnaire (voir en annexe) auprès d’un échantillon de 87 sujets, dont les caractéristiques sont les suivantes:

- il comporte 76 hommes et 11 femmes;

- les témoins sont âgés de 14 à 61 ans;

- tous sont scolarisés, mais de niveaux d’études différents : élèves du secondaire, diplômés de quatre ans post-primaires, des Humanités, des gradués, licenciés, ingénieurs et docteurs.

- toutes les régions ou provinces, et les quatre langues nationales véhiculaires, sont représentées: Bandundu (23 sujets), Bas-Congo (11), Équateur (4), Kasaï-occidental (8), Kasaï-oriental (20), Katanga (ex-Shaba : 5), Maniema (1), Nord-Kivu (4), Sud-Kivu (6), Province orientale (ex-Haut-Zaïre : 3).

 

Les langues en présence et leur image auprès des locuteurs congolais

L’analyse de l’ensemble des réponses fournies par les témoins fait apparaître qu’ils tiennent globalement, par rapport au français, une position plutôt ambivalente et non sans paradoxe, du moins au premier examen. D’une part, on observe une certaine prise de distance et même un point de vue plutôt critique par rapport au français et à la francophonie, qui se traduisent par des choix aussi favorables à l’anglais qu’au français, voire plus favorables à l’anglais. D’autre part, le même échantillon exprime aussi son attachement au français et à ce qu’il représente.

1. Le français mis en péril par l’anglais

Dans certaines réponses, le français ne paraît pas bénéficier de l’avantage dont jouit généralement le premier occupant. À la question de la langue qu’ils préfèrent, du français et de l’anglais (questions 9 et 12), les témoins interrogés se partagent en 44,8 % (n=39) qui optent pour l’anglais et 41,3% (n=36) qui choisissent le français. De la même manière, si on demande aux sujets d’imaginer qu’ayant perdu la parole, ils disposent d’une pilule qui leur permette de parler anglais et d’une autre pilule qui leur donnerait l’usage du français et qu’on leur demande de choisir entre les deux (question 25; voir Moreau 1992), l’échantillon se partage sur la pilule du français (41,3%, n= 36) et sur celle de l’anglais (40,2%, n=35). La proportion est plus avantageuse encore pour l’anglais lorsqu’on demande aux sujets quelle langue étrangère ils choisiraient s’ils devaient en apprendre une aujourd’hui (question 8), puisque les réponses se portent sur l’anglais à 45,8% (n=66), contre 16% sur le français. Dans ce dernier cas, il faut toutefois tenir compte de ce que certaines personnes n’ont peut-être pas pensé au français, déjà intégré à leur répertoire.

Différentes perceptions concourent à cette mise en balance plutôt favorable à l’anglais.

Le français est perçu comme une langue étrangère

À la question 10, une réponse sur trois ( 32,8%, n=45) considère que le français est une langue étrangère, contre une petite minorité (3%, n=4) qui la conçoivent comme une langue congolaise. Dans le même ordre d’idées, à la question 8, les sujets sont 16 % (n=14) à mentionner le français parmi les langues étrangères, au même titre que l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le chinois et le japonais. Cette vision des choses est parfaitement compréhensible : le français est une langue "importée", qu’on ne saurait rattacher à aucune ethnie congolaise ou bantoue, et qu’on apprend seulement dans le cadre scolaire, mise à part une infime minorité d’individus dont c’est la langue première.

Le français est une langue difficile

Apprentissage long, difficile (pour une maîtrise peu sûre de la langue, voir Kasoro, 1998) comme en témoignent les réponses à la question : "Lequel de l’anglais ou du français est facile ou difficile à apprendre ?", où l’on voit une proportion importante des sujets estimer que le français et l’anglais sont des langues difficiles (48,2%, n=42, pour le français, 44,8%, n=39, pour l’anglais).

 

Le français est moins que l’anglais lié au développement

Les choix et les préférences sont influencés aussi par des jugements ou évaluations de nature idéologique. Ainsi à la question (23) de la langue qui permettrait d’atteindre le plus rapidement le développement, 22,9% (n=20) penchent pour l’anglais, contre 17,2 % (n=17) pour le français. On observe le même avantage pour l’anglais, aux questions 21 et 22, où 55,5% des sujets (n=35) associent le développement à l’anglais contre 44,4% (n=28) au français. Dans les commentaires, certains sujets mentionnent la plus grande réussite économique des pays anglophones.

Beaucoup de personnes, 27,5% (n=24), pensent cependant, à la question 23, que ce sont les langues nationales, parlées par la majorité de la population, qui seraient l’instrument approprié du développement, en tant que moyens de communication.

Le français est moins répandu que l’anglais

Les Congolais savent bien, par ailleurs, que l’aire d’extension de l’anglais est plus importante que celle du français, et ils associent dès lors plus à l’anglais qu’au français l’ouverture au monde, l’universalisme et la mobilité, ainsi qu’il apparaît dans le Tableau 1, où sont synthétisées les réponses sur ces points aux questions 21 et 22.

 

Tableau I

Représentations des sujets à propos de l’anglais et du français en relation avec l’extension des deux langues

Traits

Total des réponses

% de sujets qui associent le trait

   

au français

à l’anglais

Mobilité

45

40

60

Ouverture

125

40,8

59,2

Universalisme

62

37

62,9

 

Le français et la francophonie sont liés à l’impérialisme

D’autres raisons idéologiques encore expliquent la montée de l’attrait pour l’anglais et la perte de vitesse du français dans l’opinion des Congolais : le premier est moins perçu comme lié à l’impérialisme que le second (questions 21 et 22) , comme on le voit dans le tableau ci-dessous.

Tableau II

Liaison des deux langues à l’impérialisme dans les représentations des sujets

Tableau II

Liaison des deux langues à l’impérialisme dans les représentations des sujets

Traits

Total des réponses

% de sujets qui associent le trait

   

au français

à l’anglais

Impérialisme

44

54,5

45,4

Liberté et/ou libération

32

34,3

65,6

On notera que pour plus avantageuse qu’elle soit, l’image de l’anglais n’est pas toute positive: une partie des sujets paraissent se souvenir de l’interventionnisme ou de la réputation d’interventionnisme américain dans le contexte africain et particulièrement congolais dans les années 60 et 70 (voir Nyunda ya Rubango, 1980 et Kasoro Tumbwe, 1983 et 1988). Mais plus récent, et donc plus cuisant, est le souvenir du soutien réel ou supposé de la France à la dictature mobutiste, si bien que le français ne saurait représenter la libération ou la liberté devant l’anglais. Et l’on voit ainsi clairement se dessiner le lien entre la politique des États et la langue de ses ressortissants, quoique 37,9% des personnes interrogées se défendent (à la question 24) de les confondre (contre 43,6 % qui reconnaissent pratiquer l’association).

On a cette même association entre impérialisme et francophonie à la question 26 pour 45,9% des sujets (n=40), contre 42,5% (n=37), qui émettent l’avis contraire.

 

La présence de la RDC au Sommet des chefs d’États francophones est inutile

Un sujet sur 5 (20,6%, n= 18) estime inutile la présence du Chef de l’État congolais aux rencontres de la francophonie. Il s’agit certes d’une minorité, mais non négligeable, qui pense que ces Sommets de la francophonie permettent certes des retrouvailles entre Chefs d’États, mais dont il ne sort aucune décision économiquement bénéfique pour les pays membres, particulièrement pour la RDC. Et la francophonie ne serait qu’un instrument du néocolonialisme français contre les pays du Sud.

Sous ces divers rapports, l’anglais présente donc manifestement une meilleure image que le français. Comme il est devenu maître dans le domaine scientifique et technologique, comme il gagne du terrain même dans les territoires francophones européens, certains universitaires congolais, pour des pays comme le leur au minimum, prédisent la mort par étouffement du français et son éviction par l’anglais.

 

2. Le français conserve des positions fermes

D’autres réponses recueillies au cours de notre enquête indiquent cependant que la cause est loin d’être entendue et que le sort du français n’est pas d’ores et déjà joué.

Un attachement certain au français

Quand on demande aux Congolais s’ils se sentent attachés au français (question 13), c’est une majorité écrasante de 71,2 % (n=62) qui répond positivement. A la question 16, de manière encore plus nette, 79,3 % (n=16) se prononcent contre la suppression du français au Congo, contre 16% (n=14) qui y seraient favorables. De même, 72,4% (n=63) estiment qu’ils perdraient quelque chose d’eux-mêmes, si on interdisait aux Congolais de parler le français (question 19), alors que seulement19,5%, (n=17) ne ressentiraient rien. De telles données confirment celles que nous avions recueillies précédemment (Kasoro, 1998).

Le français devrait être maintenu comme langue officielle

De la même manière, bien que les avis soient moins contrastés en la matière, la perspective que le français n’ait plus en RDC statut de langue officielle ne rallie qu’une minorité des opinions, qu’il perde ce statut au profit d’une langue nationale (question 14) ou d’une autre langue " étrangère " (question 15), ainsi qu’il apparaît dans le tableau III.

 

Tableau III

Avis relatifs à l’abandon du français comme langue officielle

Abandon au profit

Total des réponses

Contre

Pour

Indifférents

Sans réponse

d’une langue nationale

87

57,4 %

24,1%

6,8%

11,5%

d’une autre langue étrangère

87

57,4 %

18, 3 %

12,4%

11,5 %

Dans le cas du remplacement du français par une langue nationale, les personnes qui émettent un avis négatif affirment que cette action ou opération créerait un vide ou un manque, entraînerait une limitation et une perte d’attaches culturelles déjà existantes, et même des désordres sociaux. L’évacuation du français au profit d’une autre langue étrangère est commentée en termes d’amertume, d’indignation, de frustration; les sujets dénoncent la désorientation et l’introduction d’une autre difficulté qui accompagneraient le changement.

Le français est lié à la culture

Si, du point de vue de l’ouverture sur le monde, du développement et de l’impérialisme, l’anglais bénéficie d’une meilleure image que le français auprès d’un nombre important de sujets, celui-ci conserve l’avantage dans sa liaison avec la culture : aux questions 21 et 22, 60% des sujets (n=52) associent la culture au français, contre 39,5% (n=34) à l’anglais.

La RDC fait partie de la francophonie

Puisqu’une proportion de 45% des sujets au moins lient français et impérialisme, francophonie et impérialisme (questions 21, 22 et 26), observe-t-on une tendance importante à estimer que la République Démocratique du Congo doit s’écarter de la Francophonie ? Pas du tout ! La grande majorité des répondants, 70,1% (n=61), trouvent utile la présence du Chef de l’État congolais au Sommet des Chefs d’États des pays francophones (question 28; ceci confirme les résultats de notre enquête réalisée en 1996 : Kasoro, 1998) : la R.D.C., de par sa langue officielle appartient au monde francophone, et, comme grand pays francophone, elle se doit de marquer sa présence au sein de la francophonie. En même temps, elle devrait faire entendre la voix du peuple congolais, défendre sa position et ses intérêts dans l’organisation. Opération certes sans grand intérêt économique, pensent certains, mais politiquement rentable, puisqu’il s’agirait de débattre non seulement de la langue, mais aussi d’autres problèmes, de renforcer les liens d’amitié et de fraternité avec les autres pays et leurs peuples, et, au besoin, de profiter de ses assises pour dénoncer et corriger les vices de l’organisation, en infléchir les tendances pernicieuses, et pour en tirer des bénéfices.

Il n’y a pas ailleurs qu’une minorité de témoins (32,1% contre 57,4%, soit n = 28 et 50), qui pensent que l’appartenance d’un État africain à la francophonie ou au Commonwealth pourrait générer des antagonismes entre pays africains des deux blocs.

 

Conclusion

L’anglais n’est pas encore très répandu en République Démocratique du Congo, mais il est l’objet d’un grand engouement, pour des raisons économiques, politiques, idéologiques, culturelles (en particulier pour ce qui concerne le domaine scientifique et technologique), communicationnelles, etc. De la comparaison entre français et anglais, ce dernier sort souvent avec une meilleure image. Cela ne signifie cependant pas que la majorité des Congolais soient prêts à troquer le français contre l’anglais, pas plus que contre l’une ou plusieurs de leurs langues de souche.

D’abord, il n’apparaît pas clairement que l’unification linguistique à partir d’une ou de plusieurs langues nationales soit la solution envisagée par les sujets interrogés, qui se montrent cependant sensibles à la question du maintien et de la promotion de ces langues. D’autre part, le prestige de l’anglais n’ébranle pas les bases du français, qui bénéficie de l’attachement des Congolais qui se le sont approprié et le considèrent comme un élément de leur patrimoine culturel. Pour ceux-ci, il n’est pas question ni de le supprimer ni de l’abandonner pour une autre langue, même si l’environnement culturel, linguistique international impose la connaissance de l’anglais.

Habitués à la coexistence de leurs langues de souche, habitués à la coexistence de celles-ci avec le français, c’est pour une coexistence du français et de l’anglais que les Congolais pencheraient le plus volontiers : ils sont 80, 8 % à se prononcer en ce sens à la question 18. On note d’ailleurs qu’à plusieurs reprises, dans le questionnaire, des sujets ont spontanément (sans que le questionnaire le leur suggère, directement ou indirectement) proposé des réponses où ils refusent de choisir une langue au détriment d’une autre.

La meilleure façon de satisfaire les aspirations et les besoins communicationnels des Congolais consisterait donc sans aucun doute à faire en sorte que les langues s’organisent au Congo dans le colinguisme plutôt que sur le mode conflictuel. On pourrait ainsi voir l’anglais devenir, non pas une langue officielle, puisque ce statut ne reposerait sur aucune base sociolinguistique réelle dans ce pays, mais une seconde ou troisième langue de culture, dont la fonction serait de maximiser la mobilité et la compétence communicationnelle des francophones congolais.

 

Bibliographie

Calvet, Louis-Jean. 1998. L’insécurité linguistique et les situations africaines. In Calvet, Louis-Jean et Moreau, Marie-Louise (éds), Une ou des normes ? Insécurité linguistique et normes endogènes en Afrique francophone. Paris, Agence de la francophonie,7-38.

GUEUNIER, Nicole. 1997. Représentations linguistiques. In MOREAU, Marie-Louise (éd.), Sociolinguistique. Les concepts de base. Sprimont : Mardaga, 246-252.

HOUDEBINE Anne-Marie (1997), Théorie de l’imaginaire linguistique. In MOREAU Marie-Louise (éd.), Sociolinguistique. Les concepts de base. Sprimont : Mardaga, 165-167.

Kasoro Tumbwe, Romain. 1983. Vocabulaire politique et idéologie. Étude du discours politique de la Rébellion de l’est du Congo (Zaïre), (1964-1965). Thèse pour le Doctorat du IIIe Cycle, Université de Bordeaux III, 514 p. + textes annexe 314 p.

Kasoro Tumbwe, Romain. 1989. La rébellion congolaise (zaïroise) de 1964 à 1965.Étude des discours politiques. Thèse de Doctorat d’Etat ès Lettres, Université de Bordeaux III, 1988, Atelier National de Reproduction des Thèses, Lille, 2 tomes, 813 p.

Kasoro Tumbwe, Romain. 1998. Normes scolaires et normes endogènes en République démocratique du Congo. In Calvet Louis-Jean et Moreau Marie-Louise (éds), Une ou des normes? Insécurité linguistique et normes endogènes en Afrique francophone. Paris, Agence de la francophonie, 61-82.

LAFONTAINE Dominique. 1997. Attitudes linguistiques. In MOREAU Marie-Louise (éd.), Sociolinguistique. Les concepts de base. Sprimont : Mardaga,56-60.

Moreau, Marie-Louise. 1992. Des pilules et des langues. Le volet subjectif d'une situation de multilinguisme. Des langues et des villes. Paris : Didier, 407-420.

Moreau, Marie-Louise (dir.). 1997. Sociolinguistique. Les concepts de base, Liège, P. Mardaga, 312 p.

Nyunda Ya, Rubango. 1980. Les principales tendances du discours politique zaïrois, (1960- 1965), Bruxelles, C.E.D.A.F., 72 p.

 

ANNEXE

Université de Kinshasa

Faculté des Lettres

Départements de Langues et de Littérature

Observatoire des langues

QUESTIONNAIRE

Mesdames, Messieurs,

Ce questionnaire est un questionnaire d’enquête sociolinguistique menée dans le cadre d’une recherche relative à la politique et à l’aménagement linguistiques. Il est donc utile pour l’avenir et nous vous saurions gré de bien vouloir y répondre.

Nous avons besoin de vos opinions. Vos réponses resteront ANONYMES. Il ne vous est pas demandé d’informations sur votre identité. Vous y répondrez donc librement et sans entraves.

Merci de restituer les feuillets au cas où vous ne voudriez pas y répondre !

  1. Age
  2. Sexe
  3. Études faites
  4. Profession
  5. Région d’origine
  6. Langue maternelle (première langue apprise dès l’enfance)
  7. Langue nationale parlée comme langue maternelle ou comme langue seconde
  8. Si vous deviez aujourd’hui apprendre une langue étrangère, laquelle choisiriez-vous ?
  9. Pourquoi?

  10. Laquelle des deux langues suivantes préférez-vous ?
  11. Anglais, français

    Pourquoi ?

  12. Considérez-vous le français comme une langue étrangère, congolaise, nationale, officielle? Soulignez la ou les réponse(s).
  13. Entre l’anglais et le français quelle est la langue
  14. A. La plus facile à apprendre ?........................................................................

    à cause de sa prononciation, son vocabulaire, sa grammaire

    Soulignez la ou les réponse(s)

  15. La plus difficile à apprendre ?....................................................................
  16. à cause de sa prononciation, son vocabulaire, sa grammaire

    Soulignez la ou les réponse(s)

  17. Laquelle des deux langues préférez-vous ?
  18. Vous sentez-vous attaché au français ?
  19. Si le Congo abandonnait le français comme langue officielle pour une ou pour les langues nationale(s), que ressentiriez-vous ?
  20. Si le Congo abandonnait le français comme langue officielle pour une autre langue étrangère, que ressentiriez-vous ?
  21. Etes-vous pour la suppression du français au Congo ?
  22. Si oui
  23. - par quelle langue nationale voudriez-vous le remplacer ?

    - par quelle langue étrangère voudriez-vous le remplacer ?

  24. Si non, êtes-vous pour le maintien du français concurremment avec l’anglais ?
  25. Vous sentiriez-vous perdre quelque chose de vous-même si on interdisait au Congolais de parler le français ?
  26. Les Anglo-saxons s’entendent très bien avec les Français et les pays francophones du Nord. Pensez-vous que l’appartenance d’un pays africain à la Francophonie ou au Commonwealth peut générer des antagonismes entre pays africains ?
  27. Que représente pour vous l’anglais
  28. - la culture ?

    - la liberté/libération ?

    - l’impérialisme ?

    - l’universalisme ?

    - l’ouverture au monde ?

    - la mobilité ?

    - le développement ?

    Plusieurs réponses sont possibles

  29. Que représente pour vous le français
  30. - l’universalisme ?

    - la liberté/libération ?

    - le développement ?

    - l’ouverture au monde ?

    - la culture ?

    - l’impérialisme ?

    - la mobilité ?

    Plusieurs réponses sont possibles

  31. Quelle est la langue qui, selon vous, peut aider le Congo à atteindre rapidement le développement (soulignez la réponse)
  32. - une langue nationale ?

    - le français ?

    - l’anglais ?

    Pourquoi ?

  33. Distinguez-vous ou identifiez-vous l’utilisation d’une langue (d’) avec la politique de ceux qui parlent cette langue ?
  34. Cochez la réponse : - j’identifie

    - je distingue

  35. Si vous perdiez la parole et que pour vous guérir on vous propose de choisir entre deux pilules = la pilule de l’anglais et la pilule du français, laquelle choisiriez-vous ?
  36. La Francophonie est-ce l’impérialisme ?
  37. Si oui, faut-il abandonner le français pour une autre langue étrangère ?
  38. Laquelle?

    Pourquoi cette dernière ?

  39. Trouvez-vous utile que le chef de l’État congolais assiste au sommet des chefs d’États des pays francophones ?