En République démocratique du Congo, où le français a statut de langue officielle et fonctionne comme langue de culture, l'anglais paraît bénéficier depuis quelque temps d'une certaine faveur, auprès du public comme auprès des dirigeants, dont certains, par exemple, ont suggéré qu'il figure aux côtés du français comme langue officielle. Pour certains, le français et l'anglais, dans ce pays, sont dans une relation de rivalité qui pourrait, à terme, conduire à l'éviction du premier par le second.

Pour déterminer quelles valeurs étaient associées par le public aux deux langues, et détenir en cela des indices quant à leur avenir sur le sol congolais, on a mené une enquête par questionnaire, dont ressortent les tendances principales suivantes.

Paraît jouer contre le français, le fait que les Congolais continuent de le percevoir comme une langue étrangère, mais aussi comme une langue difficile, d'une moindre extension que l'anglais et moins liée au développement. Beaucoup de réponses font état aussi de la liaison entre français, francophonie et impérialisme.

D'autres réponses témoignent en revanche d'un attachement certain au français, et une majorité de sujets sont favorables à son maintien comme langue officielle et ne voient pas qu'il puisse être remplacé ni par une des langues de souche congolaise ni par une autre langue étrangère. Parmi les atouts du français, on relève son lien avec l'histoire du pays, son ancrage au moins parmi les intellectuels et son lien avec la culture.

C'est sans doute en aménageant un colinguisme du français, de l'anglais et des langues de souche qu'on répondrait le mieux aux aspirations des Congolais.