Cf. Angèle KREMER-MARIETTI, « Divers », dans André JACOB, éd., Encyclopédie philosophique universelle, t. 2.1 : Les notions philosophiques. Dictionnaire, P.U.F., Paris, 1990, p. 677. Retour

 

Jean PIAGET, « Les deux problèmes principaux de l’épistémologie des sciences de l’homme », dans Jean PIAGET, éd., Logique et connaissance scientifique, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, 1967, p. 1116. Retour

 

D’autres auteurs adoptent une terminologie différente. Ainsi, Raymond BOUDON, « Les sciences humaines sont-elles des sciences ? », dans André JACOB, éd., Encyclopédie philosophique universelle, t. 1 : L’univers philosophique, P.U.F., Paris, 1991, p. 940 sq., oppose l’aspect « explicatif » et l’aspect « interprétatif ». Retour

 

Vivian NUTTON, « Blood », dans William F. BYNUM, et al. éd., Dictionary of the History of Science, Princeton University Press, Princeton (N.J.), 1981, p. 44 – 45. Sur les difficultés soulevées par la découverte de Harvey et la manière dont les mécanistes la détournèrent au profit de leurs conceptions, de même que les économistes de Hobbes à Quesnay renouant avec l’ancienne métaphore du corps social et du corps humain, cf. Robert HALLEUX, « Harvey », dans Michel BLAY et Robert HALLEUX, éd., La sciences classique (XVI – XVIIIe siècle). Dictionnaire critique, Flammarion, Paris, 1998, p. 274 sq. Retour

 

Sur ces concepts, cf. plus loin. Retour

 

Jacques LACAN, Télévision, Seuil, Paris, 1974, p. 9. Retour

 

Le langage scientifique, comme tout langage, comprend des éléments lexicaux et des marques grammaticales (morphologiques et plus fréquemment syntactiques). Les marques grammaticales sont habituellement celles du langage naturel dans lequel le langage scientifique s’exprime et qu’il emprunte, sauf probablement qu’on recourt davantage aux conjoncteurs indiquant sans ambivalence les corrélations (causalité, consécutivité, etc.). Lorsque le domaine le permet et que les instruments requis ont été mis au point dans cette discipline, on utilise de préférence des opérateurs syntactiques spécifiques ou mathématiques. C’est donc principalement dans la précision apportée aux définitions lexicales et dans l’élimination de « l’à peu près » fréquent dans les langages humains naturels que réside la spécificité des discours scientifique. L’opposition sur ce plan à l’analyse poppérienne n’est qu’apparente puisque, si Popper refuse de s’en tenir aux mots, il fait porter son analyse sur la totalité de la forme verbale, cf. Jean-Claude DUMONCEL, « L’effet Popper », dans Critique, n° 451 (1984), p. 986. Retour

 

Pour l’illustration par l’histoire de la physique, cf. Jean ULLMO, « Les concepts physiques », dans Jean PIAGET, éd., Logique et connaissance scientifique, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, 1967, p. 670 – 675. Retour

 

Quoi qu’en pense, d’ailleurs dans un autre contexte, Raymond BOUDON, cf. infra n. 17. Retour

 

Ces démarches seraient intrinsèquement inachevables. Parmi les discours singuliers, on songera également à la biographie. — Comme introduction générale et classique à la problématique de l’épistémologie des sciences de l’homme, cf. Raymond BOUDON, « Les sciences humaines sont-elles des sciences ? », dans André JACOB, éd., Encyclopédie philosophique universelle, t. 1 : L’univers philosophique, P.U.F., Paris, 1991, p. 938 – 942, et Gilles Gaston GRANGER, « Épistémologie », dans Encyclopaedia Universalis, t. 8, 1993, p. 565 - 572. Retour

 

Pour l’histoire et l’ethnologie, cf. l’excellente mise au point de Gérard LENCLUD,  La philosophie et l’ethnologie », dans André JACOB, éd., Encyclopédie philosophique universelle, t. 4 : Le discours philosophique, P.U.F., Paris, 1998, p. 2666 – 2683. Retour

 

Cette discipline a un statut très particulier. Celui-ci ressort notamment du fait que l’approche ne peut être désignée par un terme consacré (comme la psychanalyse ou l’anthropologie), mais s’appellera selon les cas « analyse littéraire » ou « critique littéraire », etc. La « littérature » désigne soit l’ensemble des œuvres, soit la pratique des écrivains. Une remarque du même ordre doit être formulée à l’égard de la politique quoiqu’on utilise souvent le terme de « politologie », science du politique, opposé à « politique », pratique des politiciens. Retour

 

Pour nous en tenir aux travaux en langue française publiés depuis une quinzaine d’années, citons sous la direction de Patrick DE NEUTER et de Jean FLORENCE, Sciences et psychanalyse, Cabay, Louvain-la-Neuve, 1985, faisant suite à Léon CASSIERS, et al., Nos illusions de psychanalystes, Cabay, Louvain-la-Neuve, 1983, actes d’une colloque et volume de réponses, tous deux écrits dans le sens d’une « défense » de la scientificité de la psychanalyse. Il en va de même de l’ouvrage collectif de Claude LE GUEN, et al., La psychanalyse, une science ? VIIes Rencontres psychanalytiques d’Aix-en-Provence (1988), Les Belles Lettres, Paris, 1989, illustrant surtout la dimension historique du débat et l’opportunité de ne pas le clôturer. Le rapport au savoir et à la science est modifié par la pratique des sciences herméneutiques — ce qui constitue d’ailleurs l’objet propre de ces disciplines ! — dont l’évolution propre reflète, comme en écho, les interrogations qu’elles ont contribuées à faire naître. Le rapport à l’interprétation est analysé dans Michèle BERTRAND et Bernard DORAY, Psychanalyse et sciences sociales, La Découverte, Paris, 1989, où l’interaction de la psychanalyse sur les autres sciences de l’homme et de celles-ci sur la psychanalyse est étudiée. Sur un plan plus strictement épistémologique, le problème de la relation entre pratique analytique et questions théoriques est posé par Jean-Claude STOLOFF, L’interprétation. De la rationalité à l’éthique de la psychanalyse, Bayard, Paris, 1993. Fortement centrée sur les travaux de Freud et de ses premiers disciples, une synthèse sur « La ‘scientificité’ de la psychanalyse » a été tentée récemment par Paul-Laurent ASSOUN dans l’ouvrage collectif édité sous la direction d’Alain de MIJOLLA et Sophie de MIJOLLA MELLOR, Psychanalyse, P.U.F., Paris, 1996, p. 745 sq. Retour

 

Ainsi en économie mathématique, en démographie, en sociologie, etc. Cf. à cet égard les critiques de E. MALINVAUD, spécialiste d’économie mathématique, cité par F. LORDON, « Le désir de ‘faire science’ », dans Actes de la Recherche en Sciences sociales, n° 119, 1997, p. 27 n. 1. Retour

 

On a montré ailleurs que les trois codes possibles, juridique, moral et grammatical, correspondent aux trois types d’échanges de l’analyse anthropologique, échange des biens, des personnes (ou des « femmes ») et des paroles. Retour

 

Une simple comparaison des diverses psychothérapies envisagées sur les plans des investissements en temps, en durée, en argent, en capacité verbale, en type de résultats escomptés, etc., montre qu’elles peuvent se répartir aussi entre les deux pôles visés d’un accroissement du degré de socialisation ou du degré d’individuation.Retour

 

Certains épistémologues classiques considèrent que, même dans les sciences de l’homme, le savoir est cumulatif. Ils restreignent alors le sens de la proposition afin qu’elle s’adapte à la spécificité de ces disciplines. Ainsi, Raymond , « Les sciences humaines sont-elles des sciences ? », dans André JACOB, éd., Encyclopédie philosophique universelle, t. 1 : L’univers philosophique, P.U.F., Paris, 1991, p. 942 Retour

 

La question posée ici est différente de celle qui consiste à évaluer l’ensemble des connaissances scientifiques chronologiquement. On connaît le phénomène, souvent décrit, d’accélération de l’histoire. Celle-ci joue aussi dans le domaine des découvertes scientifiques et entraîne plusieurs conséquences qui modifient nos sociétés contemporaines et leurs rapports à la science, cf. déjà Pierre AUGER, « Le nouveau visage de la science », dans René TATON, éd., Histoire générale des sciences, t.3.2 : Le XXe siècle, P.U.F., Paris, 1964, p. 1 – 12. Retour

 

Les travaux classiques de Pierre BOURDIEU et Jean-Claude PASSERON, Les héritiers. Les étudiants et la culture, Éditions de Minuit, Paris, 1964, et La reproduction. Éléments pour une théorie du système d’enseignement, Éditions de Minuit, Paris, 1970, ont établi comment l’enseignement reproduit des illusions concernant la liberté et l’indépendance, alors qu’il participe largement à la reproduction de l’ordre établi.. Retour

 

Michel CALLON, éd., La science et ses réseaux. Genèse et circulation des faits scientifiques, La Découverte, Paris, 1989. Sur les rapports particuliers entre les chercheurs et le pouvoir politique, en attente de résultats « prévisibles », cf. la contribution d’Arie RIP et Peter GROENEWEGEN, « Les faits scientifiques à l’épreuve de la politique », dans Ibid., p. 149 sq. Retour

 

Cf. déjà Jean PIAGET, « Les courants de l’épistémologie scientifique contemporaine », dans Jean PIAGET, éd., Logique et connaissance scientifique, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, 1967, p. 1270. Ce sont précisément les éléments structurels qui permettent la prévision des prochains progrès dans un domaine et le développement d’une interrogation sur l’opportunité de ceux-ci. Les expériences relatives à la fivete établissent à nouveau ce phénomène : presque toutes les expérimentations prévisibles et les développements ultérieurs avaient été prévus et les biologistes s’étaient interrogés à leur sujet avant qu’ils ne deviennent réalités (cf. Jacques TESTART, De l’éprouvette au bébé spectacle, Éditions Complexe, Bruxelles, 1984, p. 89 sq., p. 111 sq.). Retour

 

La notion de « réception » des idées scientifiques nouvelles devrait faire l’objet de recherches plus systématiques en histoire des sciences, à l’instar de ce qui se produit dans le domaine de l’histoire littéraire. On l’évoque régulièrement, mais peut-être sans en tirer tout le parti possible (cf. la seconde partie de l’ouvrage collectif édité par Michel BIEZUNSKI, La recherche en histoire des sciences, Seuil – La Recherche, Paris, 1983, p. 149 – 293, consacré aux idées nouvelles et à leur sort). — L’importance extrême du contexte social sur la capacité de recherche des savants a fait l’objet d’études multiples. En illustration de cette règle, Ludovico GEYMONAT souligne avec force combien le contexte humain de l’Université de Padoue était tel qu’il doit être tenu pour un des facteurs déterminants des découvertes faites par Galilée (Galilée, Éditions Complexe, Bruxelles, 1983, p. 33), cf. aussi plus bas.Retour

 

La notion de « réception » des idées scientifiques nouvelles devrait faire l’objet de recherches plus systématiques en histoire des sciences, à l’instar de ce qui se produit dans le domaine de l’histoire littéraire. On l’évoque régulièrement, mais peut-être sans en tirer tout le parti possible (cf. la seconde partie de l’ouvrage collectif édité par Michel BIEZUNSKI, La recherche en histoire des sciences, Seuil – La Recherche, Paris, 1983, p. 149 – 293, consacré aux idées nouvelles et à leur sort). — L’importance extrême du contexte social sur la capacité de recherche des savants a fait l’objet d’études multiples. En illustration de cette règle, Ludovico GEYMONAT souligne avec force combien le contexte humain de l’Université de Padoue était tel qu’il doit être tenu pour un des facteurs déterminants des découvertes faites par Galilée (Galilée, Éditions Complexe, Bruxelles, 1983, p. 33), cf. aussi plus bas.Retour

 

En effet, il ne faut pas sous-estimer le temps nécessaire aux préparatifs, à des manipulations ou à des travaux indispensables, mais purement répétitifs.Retour

 

D’où d’ailleurs l’intérêt relativement faible qu’ils accordent à l’histoire de leur propre discipline, simple curiosité, voire cimetière des conceptions périmées. Plus la discipline donne l’impression de « progresser » rapidement, plus ce sentiment est fort, ainsi en physique des hautes énergies. Le corollaire de cette attitude consiste à laisser provisoirement de côté de nombreuses questions sans réponse, un peu à la manière d’explorateurs trop pressés abandonnant des territoires à peine parcourus à de futurs voyageurs. Sur les conséquences de ces comportements, cf. Michel BIEZUNSKI, « Présentation », dans IDEM, éd., La recherche en histoire des sciences, Seuil – La Recherche, Paris, 1983, p. 7.Retour

 

À propos des notions fondamentales du comparatisme telles que la « décentration ». l’« auto-implication », etc., notamment dans La méthode comparative dans les sciences de l’homme, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1989, Le comparatisme, t. 1 : Généalogie d’une méthode, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1989, t. 2 : Émergence d’une méthode, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1989, et « Introduction », dans Guy JUCQUOIS, éd., Approches du comparatisme dans les sciences de l’homme, De Boeck, Bruxelles, 1999. Retour

 

Par exemple, à propos de l’idée d’un Dieu créateur, en posant un principe premier, un Dieu qui aurait remonté l’horloge-monde au moment de la création, ou concernant la physique céleste d’Isaac Newton (Op. Cit., p. 179, p. 184). Retour

 

Sur l’existence de ces réseaux, cf. Michel CALLON, éd., La science et ses réseaux. Genèse et circulation des faits scientifiques, La Découverte, Paris, 1989. Retour

 

Thomas S. KUHN, La structure des révolutions scientifiques, Flammarion, Paris, 1983 [1962], p. 100 sq. et 114 sq. Retour

 

KUHN, Op. Cit., p. 189 sq.Retour

 

De même que celles que nous proposons également dans le cadre d’une théorie du comparatisme.Retour

 

On a fait état plus haut des rapports étroits entre sciences de l’homme et pouvoir politique, notamment par le biais de la division des sciences de l’homme, opérées par les épistémologies classiques, en sciences où s’appliquent des procédures  « explicatives » et d’autres où s’appliquent des procédures  « interprétatives ». Même si dans les universités contemporaines, les unes et les autres relèvent actuellement de facultés et de départements distincts, il demeure des institutions où les deux groupes de sciences sont rapprochés, ainsi l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, comprend la « Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques » (souvent en abrégé « Classe des Lettres ») subdivisée en deux sections. La première se consacre aux « Lettres », c’est-à-dire aux disciplines « interprétatives », la seconde aux « Sciences morales et politiques » qui regroupent et des spécialistes des sciences « explicatives », et d’anciens représentants du monde politique (au sens large).Retour

 

La télévision, les vidéos, les imprimés, les films et les autres médias étaient aussi moins répandus et utilisés qu’aujourd’hui.Retour

 

Par exemple l’attention accordée aux régions au sein de l’Union européenne ou aux langues et peuples minoritaires dans le cadre du Conseil de l’Europe ou de l’Union.Retour

 

Les exemples, historiquement fort différents, de la France post-révolutionnaire ou des États-Unis (avec le fameux melting-pot) montrent comment une volonté politique séculaire ne parvient pas à uniformiser totalement une société.Retour

 

Ces termes sont repris à la théorie de la comparaison ou à d’autres disciplines. Par « tension », on entend le rapport entre deux termes opposés et complémentaires établi de manière à se rapprocher sans jamais l’atteindre (sauf dans des situations fortement pathologiques), par « topique » on comprend le lieu d’où on parle pour dire ce que l’on dit, le « fenêtrage » est un terme repris à l’imagerie médicale et désignant les taux de grossissement et de contraste nécessaires pour qu’un objet apparaisse à l’examen.Retour

 

Pierre BOURDIEU et Loïc WACQUANT, « Sur les ruses de la raison impérialiste », dans Actes de la Recherche en Sciences sociales, n° 121 – 122, 1998, p. 109 – 118 ; toute la livraison de cette revue est consacrée à la même thématique.Retour

 

Par ex. le film ou le reportage. Ainsi, Manu BONMARIAGE a-t-il produit récemment sur une chaîne télévisée belge un superbe et émouvant documentaire sur les relations amoureuses chez les malades mentaux internés. L’approche filmée ne serait-elle pas dans ce cas également une approche scientifique ?

 Retour