| Cette variable a en
partie guidé la constitution des différents groupes de notre échantillon.
Il convient de signaler que parmi
ces « autres langues » citées par les participants à notre enquête,
langlais réussit un score dautant plus significatif (5,5%) que cette langue
navait pas été proposée aux choix des répondants. Cela témoigne de
limportance grandissante quattache à la langue anglaise le public interrogé,
surtout le public jeune et les intellectuels.
La faiblesse
des scores obtenus par le kikongo, le ciluba et les autres langues prises
individuellement, nous a contraint à limiter notre analyse au choix concernant le
lingala, le kiswahili et le français.
Ces catégories sociales
correspondent aux différentes positions sociales des sujets, et non aux
« classes sociales » : Cette dernière catégorisation implique lorigine
ou les critères « socio-économiques », « historiques » ou
« sociologiques », sans doute difficiles à déterminer pour le cas du Congo.
Il y a certes des différences de
motivations entre les groupes de sujets : ainsi, les élèves du secondaire sont
plus nombreux à avancer, pour le français, largument de lextension, et moins
nombreux à présenter celui de son prestige ou de son statut, invoqué surtout par les
parents. Ces différences existent également entre les langues : ainsi
largument de lunité nationale est plus fréquemment cité pour le lingala et
le kiswahili (langues sans connotation tribale), que pour le kikongo et le ciluba, pour
lesquels les sujets font valoir en revanche plus souvent largument de lancrage
culturel. Mais de façon globale, les profils des motivations se révèlent assez
similaires, les écarts nétant pas très grands, sauf pour les catégories 2
(Ecole) et 5 (Extension)
Une formule
dorigine ciluba court depuis quelques années au Congo : Mfualanse
kimfualanga to, littéralement : « le français nest pas
largent ». En dautre termes : le fait de parler français
nest pas un signe de richesse, de bien-être social. Dans le même ordre
didée, les locuteurs francophones sont, surtout dans les milieux populaires
congolais, péjorativement appelés les « je-le-connais »,
cest-à-dire : les faiseurs de beaux discours, les prétentieux, ceux qui
nont comme richesse que leur verbe, cest-à-dire la langue française
quils connaissent.
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