Voir: note 31.Retour

 

« Asociación Interétnica de Desarrollo de la Selva Peruana », Association Interethnique de Développement de la Forêt (amazonienne) Péruvienne. Le nombre de fédérations régionales qu'elle regroupe dans l'actualité est d'environ 35 .Retour

 

« Coordinadora de las Organizaciones Indígenas de la Cuenca Amazónica », Coordinatrice des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien. Elle regroupe 9 organi-sations nationales: de Bolivie, du Brésil, de Colombie, de l'Équateur, du Guyana, de la Guyane française, du Pérou, du Surinam et du Vénézuela. Retour

 

Cette remarque se réfère, d'une part, au régime des internats, qui était courant dans les missions catholiques, et d'autre part et surtout - à cause de sa bien plus grande couverture -, au système d'« éducation bilingue » qu'une organisation fondamentaliste évangélique nord-américaine, sous le couvert de son appellation scientifique « Summer Institute of Linguistics / Instituto Lingüístico de Verano » (SIL/ILV), a créé en Amazonie péruvienne (et dans d'autres pays d'Amérique Latine) grâce à une convention avec le Ministère d'Éducation datant de 1952. Retour

 

Voir les résultats d'une évaluation faite aux élèves d'écoles primaires et à leurs instituteurs dans septs régions de l'Amazonie péruvienne et publiés par Gasché et al. 1987, puis repris par Lopez de Castillo et al. 1989.Retour

 

Nous enployerons désormais ce terme dans le sens allusif à la triple relation interculturelle que nous lui avons donné plus haut.Retour

 

Voir: Gasché et al 1987. Retour

 

Cette convention est actuellement en renouvellement. Retour

 

Deux anthropologues italiens et une anthropologue hollandaise, ainsi qu'un ingénieur forestier hollandais ont été membres de l'équipe des enseignants pour des durées moyennes de trois ans et à titre de volontaires sélectionnés par leurs organismes respectifs et approuvés par AIDESEP et l'ISPL. L'auteur, mis à disposition par le CNRS français en 1988 et chargé par AIDESEP de la direction scientifique, a fait partie du Comité Directeur pendant les trois premières années du Programme; depuis 1991, il y collabore à titre de conseiller scientifique, enseignant en anthropologie, lingüistique et écologie et comme lingüiste et tuteur des élèves witoto et bora.Retour

 

Toutefois, au cours des années, quelques-uns des spécialistes indiens (voir ci-après) ont commencé à assumer l'enseignement de certain thèmes dans différentes aires de formation (voir 1.2.). Retour

 

AIDESEP garde aussi le contrôle sur tout le matériel ethnographique que les élèves recueillent et consignent dans des cahiers au cours de leurs recherches et apprentissages dans les villages (voir plus bas à ce sujet).Retour

 

Deux autres institutions offrent aux jeunes indiens une formation en éducation bilingue: 1. l'Institut Supérieur Pédagogique Bilingue à Pucallpa, dont les débuts remontent aux cycles de formation créés par les missionnaire évangéliques du SIL/ILV, lesquels y conservent leur influence à travers différentes formes d'assistance technique; et 2. l'Université Nationale de l'Amazonie Péruvienne à Iquitos. Dans les deux cas, il s'agit de ce qui est appelé au Pérou « professionnalisation » (par opposition à « formation »): l'enseignement se limité à des cours dispensés à des maîtres en exercice pendant leurs vacances scolaires entre janvier et mars de chaque année. Cette modalité explique en partie le niveau souvent plus que modeste que leurs diplômés atteignent à la fin de leurs études, - s'il est qu'ils les terminent (Gasché et al. 1987, Lopez de Castilla et al. 1989). Retour

 

Voir: CENSOS NACIONALES 1993, 116. Les données de ce recensement sont à prendre avec précaution, car il n'a pas couvert la totalité des communautés indiennes, et il a été réalisé par un pesonnel peu entraîné aux enquêtes en milieu indien et faisant un usage peu critique des ethnonymes. Retour

 

Plusieurs facteurs influent sur le nombre limité des peuples participants. Le manque, au Pérou, de lingüistes formés en lingüistique descriptive, et d'anthropolo-gues spécialisés dans la problématique amazonienne et disposés à résider à Iquitos et à passer des périodes régulières dans les communautés de la forêt, n'en est pas un des moindres. Le mode et les limites du financement du Programme restreignent par ailleurs les possibilités d'engager du personnel nouveau qui apprenne et prenne en charge dans ses cours et dans son « tutorage » les spécificités sociales et lingüistiques de peuples supplémentaires. Retour

 

La dénomination de « dialecte » se réfère au dégré d'intercompréhension qui facilite l'organisation des groupes de travail dans l'enseignement du Progamme, mais ne préjuge en rien de la distance sociologique que les sujets parlants peuvent attribuer aux différences lingüistiques. Retour

 

Je suis conscient que l'angle choisi pour dessiner le profil interculturel du Programme en question laisse hors de considération un grand nombre d'éléments qui semblent essentiels aux pédagogues, dont je ne satsiferai donc pas tout l'intérêt qu'ils peuvent porter à ce Programme. Il faudrait pour cela un espace plus ample. J'espère néanmoins les dédommager de ce manque en abordant des niveaux de la problématique interculturelle qui restent souvent implicites dans les débats entre éducateurs, comme j'ai pu le constater à plusieurs reprises, et dont la pertinence se situe dans le champ des motivations, plus que dans celui des techniques pédagogiques, et, d'une certaine façon, dans celui de la paideia, plus que dans celui de la techné (Jaeger 1957). Retour

 

Je ne mentionne ici que les buts liés à la problématique interculturelle. Il va de soi que le traitement des contenus dans toutes les aires de formation poursuit encore bien d'autre fins, celles, par exemple, de développer certaines habilités intellectuelles chez les futurs instituteurs, d'acquérir des connaissances spécifiques qui seront nécessaires à l'application du nouveau plan d'études primaires, etc., et il faudrait les exposer dans un examen plus complet du Programme. - J'ai exposé ailleurs (Gasché 1995) de façon plus détaillée l'articulation de la méthode inductive inter-culturelle avec les objectifs politiques des organisations indiennes. Retour

 

Ceci n'exclut évidemment pas que les langues indiennes soient utilisées dans les exercices et dans la présentation et l'élaboration des données sociales et culturelles. Pour que ceci soit possible, les élèves sont organisés en groupes de travail linguistiquement homogènes, les enseignants sont tenus à apprendre la langue de leur groupe local (voir ci-dessous), et, au besoin, la participation des lingüistes est requise.Retour

 

Cette figure, conçue et appliquée au commencement du Programme, a dû être modifiée au cours des dernières années à la suite de l'entrée au Programme de nouveaux peuples (chayahuita, achual) et de la sortie de plusieurs enseignants dans les aires de « société », « langage » « écologie » et « histoire et géographie ». Des limitations financières, d'une part, et le peu d'attrait qu'exercent sur de jeunes universitairs péruviens les conditions de travail fixées par AIDESEP (voir à ce sujet: Gasché 1989-90), d'autre part, ont empêché le renouvellement du personnel selon les critères initiaux. Le Programme a donc cherché à redistribuer, entre les enseignants et les specialistes indiens, les tâches restées en suspens, sans toutefois avoir abouti à une solution tout-à-fait satisfaisante. Une prochaine étape de financement devrait remédier à cette difficulté. Retour

 

Par ailleurs, un obstacle plus objectif est la conception que les pères de famille ont de l'école et de comment le maître doit enseigner. Elle est en général conservatrice et autoritaire, c'est-à-dire, conforme au modèle qui leur est familier. En beaucoup de lieux et par une grande partie de la population indienne, tout changement à l'école est reçu avec méfiance. L'instituteur doit pouvoir surmonter cet obstacle dans le cadre des relations plus dialogiques et participatives que la nouvelle école doit établir et entretenir avec la communauté, s'opposant en cela à la verticalité et à l'extériorité de l'école conventionnelle, mais aussi et surtout, il convaincra les parents des avantages du nouveau modèle par les meilleurs résultats obtenus auprès des élèves dans les domaines « classiques » de l'école primaire l'acquisition de la lecto-écriture et du calcul. Retour

 

P. Bidou, dans une étude récente (1992), a démontré l'identité entre la structure de mythes « exotiques » et celle d'une névrose infantile européenne, en rapprochant un mythe australien, un mythe amazonien et L'Homme aux loups de Freud. Retour

 

Voir: PFMB(1) 1994, elaboré à partir d'un récit shipibo, et PFMB(2) 1994., élaboré à partir d'un récit achual. Retour

 

Des essais dans ce domaine ont été faits ailleurs et avant nous (voir p.ex.: Queixalos 1986, dont les conseils personnels nous ont été par ailleurs très utiles et motivatants, et Bareiro Saguier 1986). - Ajoutons que le domaine de la création terminologique en mathématique ne se limite pas, bien entendu, aux seuls noms des nombres. Il faut sélectionner, éventuellement former, puis consacrer par leur emploi systématique dans les réflexions analytiques, les procédés explicatives et les opérations, tous les termes qui sont nécessaires au développement d'une pensée mathématique et scientifique moderne. Que ceci exige un travail préalable de conceptualisation qui tiennent compte des catégories implicites dans les sociétés et cultures, dans les techniques, les discours et la langue, et demande donc un effort, aussi bien de la part des eseignants que de la part des élèves et spécialistes, pour expliciter ces éléments, nous en sommes conscients. Ce domaine reste donc à explorer et à élaborer dans les années à venir. Retour

 

Sélection du terrain, coupe du sous-bois, abattage, séchage et brûlage, semailles, désherbage, récolte, abandon progressif et interventions dans la végétation secondaire (« purma »). Retour

 

Il convient de mentionner les divergences qui se sont manifestées à ce sujet, voire les frictions qui se sont produites, entre le Programme et les organismes qui lui apportent leur soutien financier. Ces derniers sont souvent pressés de montrer, devant leurs propres instances évaluatrices en Europe, l'utilité de leur investissement par des preuves matérielles; dans le cas d'un programme d'éducation, celles-ci sont soit du matériel pédagogique, soit des constructions de locaux scolaires (un domaine qui n'est pas pris en compte par le PFMB, mais qu'uns source financière voulait à un moment donné y introduire au dépens de la satisfaction de certaines exigences proprement pédagogiques formulées de longue date). Ayant eu connaissance de plusieurs cas de programmes d'éducation bilingue, dont les matériels élaborés et publiés n'ont finalement pas été utilisés par les instituteurs ou par un petit nombre d'entre eux seulement, le PFMB s'est toujours résisté à produire du matériel dont la fonction ne réponde pas à un besoin éprouvé et diagnostiqué par les instituteurs eux-mêmes dans l'exécution de leur plan d'études spécifique, et à la conception et l'élaboration duquel ils n'aient pas participé personnellement. Ces conditions, de toute évidence, n'étaient pas réunies durant les cinq premières années de l'existance du Programme. Retour

 

Ce tableau de mixité quasi générale des communautés établies au bord du Putumayo, n'exclut pas l'existence de « poches » de communautés mono-ethniques telles que celle des Ticuna sur l'affluent Yaguas, et celle, - plus importante numériquement - des Secoya sur les affluents Yubineto et Angusilla. Retour

 

Précisons qu'il s'agit ici, comme dans le cas des Cocama et Cocamilla exposé plus loin, du dialecte régional de l'espagnol - le « loretano », d'après le nom de la région et du département de Loreto. Ce dialecte a, entre autres traits spécifiques, la particularité de posséder un lexique propre pour désigner les ressources naturelles de la forêt amazonienne et les objets et activités caractéristiques du mode de vie amazonien des « mestizos », et, au-delà de ce cadre matériel, pour nommer les êtres et les gestes d'un univers religieux populaire, qui est proche de celui des peuples indiens, d'où il a été dérivé par le métissage culturel et les changements sociaux intervenus dans une partie des populations indigènes. Retour

 

La plupart est originaire des départements de Cerro de Pasco et de Junín. Souvent bilingues quechua-espagnol, ces instituteurs n'oeuvrent pourtant que comme des agents de l'expansion de l'espagnol, - dans ce cas, d'une variante andine de l'espagnol, qui ne dispose point de termes spécifiques pour désigner les faits de la civilisation forestière.  Retour

 

Rappelons que les Ashaninca ont pu mesurer leur force ces dernières années face au Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru et face au Sentier Luminaux, qu'ils ont réussi, dans certaines régions, soit à expulser (vallées du Perené et de Satipo), soit à liquider (vallée du Pichis) par une organisaton et des actions guerrières qui s'appuient autant sur leurs nouvelles organisation fédératives que sur leurs traditions guerrières (Benavides 1992, Casevitz 1992). Retour

 

Les deux systèmes sont fondés sur l'endettement permanent opérant au moyen d'une sur-évaluation des prix de vente et d'une sous-évaluation des prix d'achat et du salaire de la part des « hacendados » et « patrones »; ces transactions ne se font d'ailleurs pas en argent comptant, mais à travers la « cuenta », le compte que chaque individu possède auprès de son « patron ». Mais alors que les premiers occupent des terres sur lesquelles ils organisent une production diversifiée (extractive, agricole et semi-industrielle), dans laquelle ils utilisent la main d'oeuvre indienne à l'état semi-servile (puisqu'ils en ont le monopole), les seconds se limitent à acheter les produits agricoles ou d'extraction forestière, et à vendre des biens manufacturés. L'établissement du  « patron » sur place n'est pas exclu, mais a un caractère plus temporaire (la durée d'une campagne d'extraction de bois, par exemple). Retour

 

La repression lingüistique, exercée par des châtiments et humiliations infligées aux enfants, est un trait général qui caractérise l'éducation dans les écoles publiques et des internats catholiques en Amazonie avant que n'y fût installé le système d'éducation bilingue à partir des années 50, et qu'il ne s'y étendît au cours des années 60 et 7O. Si les effets sur les langues indiennes du système répressif antérieur ont été limités, c'est qu'à cette époque les écoles étaient peu nombreuses. En 1962 encore, le nombre total des écoles publiques et privées existantes dans les quatre principaux départements amazoniens (Loreto, Ucayali, Madre de Dios, San Martín) n'était que de 223, alors que vingt-tois ans plus tard, en 1985, il s'élève à 3130. (Barclay et al. 1991, 70). Retour

 

Le matériel de lecture et d'enseignement bilingue élaboré par l'organisation missionnaire SIL/ILV correspond à une stratégie lingüistique différente de celle du Programme, à celle d'un bilingüisme de transition qui ne pévoit l'utilisation de la langue indienne que durant les premières années de l'école primaire pour passer ensuite à l'usage exclusif de l'espagnol. Dans l'enseignement qui obéit à cette stratégie, la langue indienne n'est utilisée que comme moyen de communication, mais n'est considérée ni comme faculté à développer, ni comme objet d'analyse qui conduise vers une maîtrise plus intentionnelle et contrôlée de la langue qu'exige précisément son passage à l'écriture. Par ailleurs, l'ethnocentrisme des auteurs implicite dans ces matériels, et son corollaire, l'exclusion des valeurs et des sens proprement indiens, qui est due à leur parti pris religieux et se révèle à l'examen de leurs objectifs éducatifs (Trapnell [1986]) et à l'analyse de leurs publications scientifiques et pédagogiques (Ortiz Gomez 1986), rend leurs matériels inaptes à l'usage d'une école qui poursuit l'objectif de la revalorisation culturelle des peuples indigènes. Retour

 

Cela peut paraître aller de soi; néanmoins nous avons assisté en 1978 à un essai pédagogique réalisé par la section d'éducation bilingue de la Direction Départementale du Ministère de l'Éducation auprès des enfants secoya du rio Yubineto, qui étaient ecnore tous monolingues à cette époque. L'essai consistait à enseigner dans certaines communautés la lecto-écriture en secoya, dans d'autres, en espagnol, soi-disant, pour savoir dans laquelle des deux langues les enfants apprenaient plus facilement à lire et à écrire! Retour

 

Mentionnons, de passage, la situation lingüistique des Bora du rio Ampiyacu qui présente le seul cas d'enfants proprement bilingues (à quelques exeptions près) à l'âge de l'entrée à l'école et qui, de ce fait, posent un problème quant au choix des L1 et L2. Il a été résolu, conformément aux objectifs du Programme, au bénéfice du bora. Retour

 

A titre d'exemple: quoi de plus naturel pour nous que de distinguer Culture ou Société, d'un côté, et la Nature, de l'autre, les premières étant l'apanage de l'Homme, la seconde, l'univers qui l'entoure, qui lui est extérieur et dont il s'approprie les ressources pour les transformer à son bénéfice. Or, pour comprendre les fondements intimes de la civilisation forestière amazonienne, il semble plus adéquat d'assumer, à titre d'hypothèse, un univers qui soit constitué par un ensemble indistinct société+nature, une sorte de socié-ture - pour suggérer un terme qui concrétise et figure notre intention -, à l'intérieur duquel êtres « humains » et « naturels » - « végétaux », « animaux », etc. - c'est-à-dire, les êtres forestiers en général et sous différentes formes de représentation, vivent en échange continuel, ce qui est la face conceptuelle éthique de l'interaction et du métabolisme de la vie. On entrevoit les conséquences qu'a une telle hypothèse de départ pour l'interprétation des éléments qui constituent une « société » ou « culture » amazonienne. On comprend aussi l'exigence particulière d'homogéneité conceptuelle dans l'enseignement des aires de formation « société » et « écologie » qui dérive d'un tel point de vue. Si je n'ai pas parlé de l'enseignement de cette dernière, c'est parce qu'elle a dû être restructurée dernièrement à la suite de difficultés rencontrées dans le recrutement du personnel adéquat. Retour