Martel

Angéline Martel. 1996, « Diversité linguistique et éthique des politiques linguistiques. Questions sur les pratiques canadiennes et québécoises ». Communication au 11e Congrès international de l'Association de linguistique appliquée, 5­10 août, Jyvaskila, Finlande, p. 2. Retour

 

douze familles linguistiques

Annexe I. Carte des familles des langues autochtones du MexiqueRetour.

 

langue du colonisateur espagnol

Nous notons ici que l'absence d'une véritable politique de sauvegarde des droits linguistiques des populations autochtones s'accompagne de nos jours de l'absence d'une politique de protection de l'espagnol, la langue de l'État mexicain dans le contexte de la globalisation des rapports économiques à l'échelle internationale. Ceci rend impérative une révision des politiques linguistiques intranationales qui puissent appuyer à court terme la demande de droits linguistiques dans les rapports avec d'autre pays.Retour

 

droits linguistiques

Dans ce sens, nous reprenons la remarque de Martel (1996), op.cit., p. 2, selon laquelle une attitude scientifique de la diversité demande de « ne pas l'idéaliser mais de la constater »… Retour

 

colonisation européenne

En 1810, lorsque le mouvement d'indépendance débuta, seulement 36 % de la population ­ les espagnols et les créoles, descendants des espagnols nés au Mexique ­, avait l'espagnol comme langue maternelle. Retour

 

connaissance des langues du monde

Cf. B. Cifuentes, 1994, « Las lenguas amerindias y la conformación de la lengua nacional en México en el siglo XIX », in Language Problems and Language Planning, Vol. 18, No 3, 208 ­222. Retour

 

Académie royale de la langue espagnole

Real Academia Española de la Lengua (RAE). Retour

 

formation humaniste universitaire

C'est également à cette époque que la Constitution mexicaine a été traduite en nahuatl. Retour

 

langues autochtones

D'après Moisés, González Navarro, 1981, « Instituciones indígenas en el México independiente » in Alfonso Caso, Silvio Zavala, et al., La política indigenista en México, México : INI, 209­311. Retour

 

enseignement publique

En 1892, conjointement avec la centralisation de l'éducation publique, l'enseignement de l'espagnol fut marqué dans les programmes scolaires sous la dénomination : « enseignement de la langue nationale ». Cf. Carbó, M. y A. Sánchez, 1983, « México bajo la dictadura profiriana » in E. Semo (ed.), México un pueblo en la historia, Vol. 2, México : Universidad Autónoma de Puebla/Nueva imagen. Retour

 

nation métisse unie, parce que monolingue, productive et lettrée

Le mouvement révolutionnaire, en plus de sa longue durée, avait été violent, donc les intellectuels post-révolutionnaires ont voulu construire la paix à l'aide de l'éducation. « L'armée des instituteurs » devait remplacer les armées révolutionnaires d'après José Vasconcelos, le ministre de l'éducation nationale. Cf. José Joaquín Blanco, Se llamaba Vasconcelos, México : FCE, 1977, p. 81. Retour

 

culture universelle

Qui, dans la conception de J. Vasconcelos, était essentiellement la culture occidentale. Ibid. Retour

 

région centrale du pays

La zone marqué en couleur rose dans l'annexe I. Retour

 

ministère de l'Éducation nationale (SEP)

Secretaría de Educación Pública (SEP), crée en 1921. Retour

 

Direction générale d'éducación indigène (DGEI)

Dirección General de Educación Indígena (DGEI). Retour

 

preuves tangibles de son succès

Cf. D. Pellicer (prochaine publication) « El derecho al bilingüismo : de la Ley de Instrucción Rudimentaria al Diálogo de San Andrés Sacam Ch'en » in Dimensión Antropológica, No 3, México : Instituto Nacional de Antropología e Historia. Retour

 

établissements scolaires publics

Cf. Pellicer, 1994, « Le droit à la langue nationale face à la globalisation de l'économie » in Langue nationale et mondialisation : enjeux et défis pour le français, 143­171. Retour

 

Institut national indigéniste (INI)

Instituto Nacional Indigenista (INI) qui avait été fondé en 1948 pour intégrer des autochtones au travail d'amélioration des conditions de vie dans les communautés autochtones. Retour

 

officiellement reconnus

L'essentiel du texte est de l'ordre de la reconnaissance et de la promesse : « La nation mexicaine a une composante pluriculturelle sous-tendue à l'origine par les peuples autochtones. La loi protégera et promouvra le développement de leurs langues, leurs cultures, leurs usages, leurs habitudes, leurs ressources, leurs modes spécifiques d'organisation sociale et leur assurera l'accès réel à la juridiction de l'État… », C. Salinas de Gortari, Iniciativa de decreto que adiciona el Artículo 4o. de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanospara el reconociminto de los derechos culturales de los pueblos indígenas, México : le 7 décembre 1990.Retour

Armée zapatiste de libération nationale (EZLN)

Groupe rebelle organisateur d'un soulèvement armée qui commença le 1er janvier 1994 à Chiapas et qui en avril 1995 initia, avec le gouvernement fédéral, un procès de négociation centré, parmi d'autres exigences, sur les droits des peuples autochtones du Mexique. Retour

 

groupes autochtones de la région

Dans cette région qui appartient à l'État de Chiapas se parlent six langues de la famille mayance : maya, tzeltal, tzotzil, chol, tojolabal mame et motocintleco. Voir les sections jaune et verte de la carte des langues autochtones de la région maya (Annexe II). Retour

 

San Andrès Sacam Che'n

Document polycopié des accords du Forum tenu à San Andrés Sacam Ch'en, un village dans la région de Chiapas au sud-est du territoire mexicain où des tzotziles, tzeltales, tojolabales, mames, zoques, zapotecos y kanjolabales ­ nous les mentionnons par ordre d'importance démographique ­ constituent 27,6 % de la population globale. Retour

 

groupe dans la nation

Cf. J. Habermas, 1994, « Strugles for Recognition in the Democratic Constitutional State », in A. Gutman (ed.) Multiculturalism. Examining the Politics of Recognition. Charles Taylor, 107­148. Retour

 

Grin

F. Grin, 1994, « Combining immigrant and autochtonous language rights : a territorial approach to multilingualism », in T. Skutnabb-Kangas & R. Phillipson (eds.) Linguistic Human Rights. Overcoming Linguistic Discrimination, Berlin/New York : Mouton de Gruyter, 31­48. Retour

 

L'on estime nécessaire d'élever au rang constitutionnel le droit de tous les Mexicains à une éducation pluriculturelle qui reconnaisse et l'histoire, les moeurs, les traditions et en général la culture des populations autochtones

« Se estima necesario elevar a rango constitucional el derecho de todos los mexicanos a una educación pluricultural que reconozca difunda y promueva la historia, costumbres, tradiciones y en general la cultura de los pueblos indígenas »... Resultados de la Consulta de las Bases Zapatistas sobre la Mesa 1 de Derechos y Cultura Indígena, comunicado del Comité Clandestino revolucionario Indígena-Comandancia General del Ejérito Zapatista de Liberación Nacional, México : febrero de 1996, 1­2. C'est nous qui soulignons. Retour

 

[...] les objectifs pédagogiques poursuivis à travers l'enseignement d'une langue étrangère peuvent être atteints intégralement avec l'enseignement d'une langue additionnelle à l'espagnol qu'il s'agisse d'une langue autochtone ou d'une langue étrangère

« … los propósitos pedagógicos que se persiguen a través de la enseñanza de una lengua extranjera se cumplen íntegramente con la enseñanza de una lengua adicional al español, tanto si se trata de una lengua vernácula como de una lengua extranjera… Se modifica el Acuerdo 16363 para ser aplicado en todo el sistema educativo nacional… sustituyendo [lengua extranjera] por lengua adicional al español ». Diario Oficial, 26 mars 1982, p. 11. C'est nous qui soulignons. Retour

 

la population métisse n'a pas été intégrée à la connaissance de ces langues

Cf. T. Skutnabb-Kangas et R. Phillipson (eds.) op. cit., 397­398. Traduit de l'anglais et souligné par Dora Pellicer. Retour

 

démocratie linguistique

J. Fishman, 1994, « The limits of ethnolinguistic democracy » in T. Skutnabb-Kangas & R. Phillipson, 1994, op. cit., 49-61, propose une réflexion sur les fonctions des langues qui participent du principe qu'il appelle démocratie ethnolinguistique et qui à son avis ne doit pas être confondu avec l'égalité des fonctions. Fishman entame l'examen de la démocratie ethnolinguistique à partir des décisions sur la langue prises dans le contexte de la Communauté économique européenne (CEE), mais il signale que sa discussion concerne aussi d'autres situations dans le monde. Retour

 

municipalités multilingues

Contrairement aux louanges que l'homogénéité linguistique a reçu des politiques qui la considèrent indispensable pour le progrès et l'unité nationale, Fishman (1994, op. cit., p. 57) postule la difficulté « d'être totalement effectif dans la vie moderne si l'on reste monolingue ».

 

droits linguistiques des autochtones mexicains sont négociés

L'exercice de la démocratie linguistique intranationale devrait, si l'on suit Fishman, (Ibid.) précéder et alimenter les fondements de la démocratie linguistique dans des tribunes internationales. C'est à dire qu'une politique linguistique soucieuse des droits des autochtones mexicains devrait précéder des demandes de démocratie linguistique dans un forum régional comme l'Accord de libre échange nord américain (ALENA). Rappelons que l'emploi systématique de l'anglais américain, dans ce forum, agit contrairement à la sauvegarde de l'espagnol, la langue nationale du Mexique et de nombre des pays dans l'Amérique latine et dans le monde. Retour