Dans les sociétés orales, les messages discursifs étaient toujours reçus dans le contexte même où ils étaient produits. Avec l'arrivée de l'écriture, les textes se détachent du contexte vivant dont ils sont issus. Certains types de messages sont alors spécialement conçus pour garder le même sens quel que soit le contexte (le lieu, l'époque) de réception : ce sont les messages universels (science, religion du livre, droits de l'homme, etc.). Cette universalité se construit sur une certaine clôture ou fixité du sens. Il s'agit donc d'un universel totalisant. Notre hypothèse est que la cyberculture reconduit la coprésence des messages à leurs contextes qui avait cours dans les sociétés orales, mais sur une autre échelle, sur une toute autre orbite. L'universalité résulte alors de l'interconnexion, et non plus d'une fixité et d'une indépendance du sens que le plongement dans les réseaux rend moins nécessaire. Plus le cyberespace s'étend, plus il devient universel, moins le monde informationnel devient totalisable. L'universel sans totalité pourrait être la formule de la naissante cyberculture. Ce thème est développé dans l'ordre du rapport au savoir, dans le domaine sociopolitique et selon une approche esthétique.