Bandes

Terme habituellement utilisé pour désigner des regroupements d'Amérindiens dans une région particulière, selon des modes d'habitat très divers, qui vont du village sédentaire au campement nomade. Un même groupe ethnolinguistique peut se répartir en plusieurs bandes sur un territoire parfois très vaste. Cette dispersion favorise la dialectisation de la langue commune. Le terme bande n'a, dans cet emploi, aucune connotation dépréciative. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Les politiques linguistiques

Il est nécessaire de circonscrire trois notions qui s'interpénètrent, au point qu'on les utilise couramment l'une pour l'autre, mais qu'il convient de distinguer. Elles sont désignées par les termes politique linguistique, aménagement linguistique et législation linguistique. Finnote.jpg (2185 octets)

Politique linguistique

La notion de politique linguistique est la plus large, elle est celle qui a la plus grande extension. Elle renvoie à toute décision prise pour orienter et régler l'usage d'une ou de plusieurs langues dans les communications d'une organisation ou dans la diffusion d'un bien ou d'un service, quelles que soient la nature ou la taille de l'organisation et quelle que soit la forme que prend cette décision. Elle peut, du plus spontané au plus formalisé, se concrétiser en une simple pratique, en une liste de termes normalisés, en formulaires de gestion standardisés, en directives au personnel ou aux membres, en règlements internes, en règlements adoptés par un ministère ou un organisme paragouvernemental ou en lois dûment votées par un parlement. Exemples de politique linguistique : les fabricants de jeux électroniques (Nintendo et Sega surtout) ont décidé de lancer ces produits en anglais seulement, indépendamment de la langue ou de l'âge de la clientèle cible; la compagnie Nestlé a comme politique d'utiliser la langue du pays où elle a des établissements et d'autoriser l'usage de ces langues dans les communications avec le siège social de Vevey (Suisse); les majors du cinéma américain diffusent rapidement les versions originales de leurs films et se font tirer l'oreille pour produire ou pour autoriser le doublage en d'autres langues.

La notion de politique linguistique englobe donc, dans son sens le plus large, celles d'aménagement et de législation linguistiques. En fait, dans l'usage courant et dans un sens plus restreint et plus technique, on utilise fréquemment l'expression politique linguistique comme synonyme de législation linguistique, par exemple dans des expressions comme la politique linguistique du Québec ou du Canada, la politique linguistique de la France, des États-Unis ou de l'ONU à New York, avec l'inconvénient qu'on ne sait plus trop alors si l'expression se réfère à un état de fait, à des règlements de gestion interne de la communication, à une disposition de la constitution, à une loi qui définit spécifiquement le statut et les règles d'emploi des langues sur un territoire politique particulier, ou à des dispositions d'autres lois qui déterminent l'usage des langues même si elles portent sur un tout autre sujet, par exemple la commercialisation des produits pharmaceutiques. Finnote.jpg (2185 octets)

Aménagement linguistique

Sous le terme aménagement politique, on regroupe généralement l'ensemble des mesures qu'arrête un État pour régler l'usage des langues sur son territoire. En ce sens, tout projet d'aménagement linguistique est d'abord et avant tout un projet d'ordre politique, c'est-à-dire qu'il est relatif à l'organisation globale de la vie sociale et donc à la manière dont la société définit son avenir au moyen des institutions politiques dont elle dispose.

La manière dont on conçoit et réalise l'aménagement linguistique dépend directement de la conception que l'on se fait de la langue. Elle met essentiellement en cause deux fonctions de la langue, la fonction de communication (la plus évidente et la plus facilement admise, parce que sans danger) et la fonction d'intégration sociale (la plus politiquement délicate, la plus dangereuse à manipuler). Du strict point de vue de la communication, l'aménagement linguistique se concrétise en dispositions qui touchent à l'organisation de l'usage des langues et en choix des moyens techniques nécessaires à leur mise en place. Du point de vue de l'intégration sociale, l'aménagement linguistique se fonde sur un projet de société, sur une conception des rapports entre identité culturelle de la société globale et respect de l'identité culturelle des groupes ethnolinguistiques minoritaires. L'essentiel de l'aménagement linguistique est alors l'affirmation d'une langue commune et l'identification des domaines d'usage des autres langues, les dispositions techniques n'étant alors que les moyens d'atteindre ces deux objectifs fondamentaux.

De plus, dans ce monde d'aujourd'hui caractérisé par l'intensification des communications et la globalisation des marchés, chaque État doit tenir compte des contraintes qui en découlent lors de la définition de son plan d'aménagement linguistique.

Cette démarche est très soucieuse de paix sociale et d'efficacité administrative et économique.

Enfin, l'aménagement linguistique d'un État ne prend pas nécessairement la forme d'un texte de loi spécifique. Il peut tout aussi bien se formuler en dispositions éparses dans un grand nombre de secteurs de l'administration publique. Et même si une loi définit une politique linguistique, elle ne touche jamais la totalité des dispositions d'ordre linguistique qui ont été prises dans l'ensemble de l'appareil administratif. L'aménagement linguistique pose partout et toujours un problème de cohérence de l'ensemble des mesures qui touchent à l'usage de la langue majoritaire et des langues minoritaires. Finnote.jpg (2185 octets)

Législation linguistique

Il y a législation linguistique quand l'État choisit d'intervenir en adoptant une loi et des règlements pour préciser les rapports entre les langues en présence et leurs domaines d'usage respectifs.

En général, la loi définit le statut des langues (y compris par l'abstention), précise leur emploi dans les domaines où il y a ambiguïté ou affrontement, puis énonce les mesures qui sont prises pour favoriser la prédominance de la langue commune et, au besoin, pour garantir l'usage des langues minoritaires là où il est autorisé, dans le but ultime de guider la conduite des citoyens, personnes physiques ou personnes morales. Mais la loi peut aussi se limiter à un seul domaine, par exemple la protection des consommateurs.

Chose certaine, aucune loi n'est, à ce jour, globale au point d'énumérer la totalité des mesures de nature linguistique ou propres à influencer le destin de l'une ou l'autre langue. Il se pose donc, ici aussi, un problème de cohérence entre la législation linguistique proprement dite et les autres dispositions qui touchent à la langue, notamment en matière d'éducation, d'immigration, de communication, de culture et même de politique familiale. La législation linguistique est, le plus souvent, la pièce maîtresse de l'aménagement linguistique d'un pays, mais elle est, en pratique, complétée par d'autres mesures dans des domaines qui n'y sont pas traités. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Politiques linguistiques

Une politique linguistique peut être implicite ou explicite. Elle est implicite quand on décide de laisser jouer librement les forces qui règlent la concurrence entre les langues en présence. Elle est explicite quand on prend des mesures pour orienter, discipliner et circonscrire l'usage des langues en présence dans une organisation ou un pays. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Commission royale d'enquête

L'aménagement linguistique comporte trois phases distinctes : la description de la situation de concurrence entre les langues, qui n'est plus socialement acceptable et qu'on se propose de modifier, dite situation de départ; la définition des modifications qu'il faudrait y apporter pour créer une nouvelle situation sociolinguistique, dite situation d'arrivée, ce qui implique que se dégagent au sein de la population des consensus relatifs aux statuts et aux domaines d'utilisation des langues en présence; enfin, le choix des mesures que l'on entend prendre pour passer de la situation de départ à la situation d'arrivée, ce qui définit à la fois les objectifs et la stratégie de l'aménagement linguistique.

Il s'agit donc d'une procédure complexe et très délicate du point de vue social et politique.

Les deux premières phases sont les plus difficiles à franchir. Dans la tradition britannique dont a hérité le Canada et le Québec, lorsqu'un problème sociopolitique se pose où les avis sont très partagés au sein de la population, on constitue une commission d'enquête pour examiner la question et faire des recommandations aux autorités politiques. Cette commission consulte les citoyens, soit en les invitant à présenter leurs opinions par écrit, soit en organisant des audiences publiques où chacun peut prendre la parole; la commission collige et rend publiques toutes les données pertinentes à une connaissance précise des différents aspects de la question qui lui est soumise en mettant sur pied son propre programme de recherches; elle publie enfin un rapport où elle décrit l'état de la question, où elle rend compte des doléances et des revendications des citoyens et où, en conclusion de ses travaux, elle propose les correctifs qu'elle juge appropriés pour créer une situation plus conforme aux aspirations de la population.

Durant les travaux de la commission ou lors de la discussion de son rapport final, les courants d'opinion se manifestent, les tendances principales se dégagent, les solutions les plus diverses sont proposées, les positions irréconciliables se manifestent en même temps que se dégagent des consensus.

Reste à voir si les travaux de la commission auront des suites politiques et lesquelles. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Bilinguisme institutionnel

Le bilinguisme (ou le plurilinguisme) est institutionnel lorsqu'une organisation ou un gouvernement déclare officielles deux ou plusieurs langues et autorise chaque locuteur à faire usage de la langue de son choix dans les domaines sous son autorité. Dans les faits, ce choix n'est pas toujours possible; il est restreint par des considérations d'ordre pratique, le plus souvent liées à la relation entre coût du personnel bilingue (ou plurilingue) requis, coût de la traduction et nombre de personnes d'une des langues dans une région ou un service en particulier. À l'encontre du bilinguisme (ou du plurilinguisme) institutionnel, on oppose aussi l'efficacité de la communication, qui serait accrue par l'emploi d'une seule langue. Le mythe de la tour de Babel est toujours bien vivant. Enfin, à l'intérieur d'une politique de bilinguisme (ou de plurilinguisme) institutionnel se manifestent la prédominance de la langue de la majorité et, souvent, la démission des locuteurs de la ou des langues minoritaires, ce qui tend à instaurer en pratique une situation d'unilinguisme. On observe très souvent ces phénomènes dans les grandes organisations internationales. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Groupe d'étude

Renvoie au texte de la note concernant la Commission royale d'enquête. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Bilinguisme de l'État

Renvoie au texte de la note concernant le bilinguisme institutionnel. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Communauté linguistique

Ce terme désigne l'ensemble des locuteurs d'une même langue sur un même territoire, partageant une culture commune définie par une histoire, un destin politique, des institutions et partageant également un ensemble de règles sociales qui guident l'usage de la langue, entre eux et avec les membres des autres communautés de la même langue. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Commission d'enquête

Renvoie au texte de la note concernant la Commission royale d'enquête. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Domaines

Il est important de bien distinguer domaines d'utilisation de la langue et fonctions de la langue. Les fonctions renvoient aux rôles que remplit la langue dans la société. Les domaines d'utilisation renvoient aux modes d'usage de la langue dans des secteurs plus ou moins spécialisés, par exemple l'éducation, l'administration publique, le commerce, etc. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Aménagement linguistique

Renvoie au texte de la note concernant les politiques linguistiques. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Législation linguistique

Renvoie au texte de la note concernant les politiques linguistiques. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Bilinguisme fonctionnel

Le bilinguisme (ou le plurilinguisme) est fonctionnel lorsque la connaissance d'une langue est liée à l'exercice d'une fonction bien identifiée, pour des raisons précises et légitimes. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Communications institutionnalisées

« Nous entendons par communications institutionnalisées l'acte, le plus souvent anonyme ou impersonnel, par lequel une institution entre en relation avec des personnes soit en tant que membres de cette institution (par exemple, l'État avec ses citoyens, une société avec ses actionnaires), soit dans la relation employeur-employé, ou encore en qualité de clients, d'auditeurs ou de spectateurs. » (Corbeil, 1980.) Finnote.jpg (2185 octets)

 

Aménagement linguistique

Renvoie au texte de la note concernant les politiques linguistiques. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Diglossie

Ce terme, commode, renvoie ici au fait que, dans une situation de concurrence linguistique, l'une des langues se trouve en situation de langue dominante, et l'autre ou les autres en situation de langue plus ou moins dominées. Cet état de fait, s'il n'est pas jugé acceptable par les locuteurs de la ou des langues dominées, est à l'origine des projets de politique linguistique avec, comme objectif, de corriger la situation. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Transfert linguistique

On entend généralement par ce terme le fait qu'une nouvelle langue maternelle se substitue chez l'enfant à la langue maternelle des parents et des grands-parents, cette nouvelle langue maternelle étant celle que ceux-ci ont adoptée comme langue d'usage. Ce processus de passage s'étend sur plusieurs générations. L'observation statistique des cas de transfert linguistique permet de mesurer la force d'attraction d'une langue et, en conséquence, la faible persistance d'une autre. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Bilinguisme institutionnel

Renvoie au texte de la note concernant le bilinguisme institutionnel. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Pression de la langue dominante

Renvoie au texte de la note concernant la diglossie. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Domaines d'usage

Renvoie au texte de la note concernant les domaines. Finnote.jpg (2185 octets)

 

Consensus social

Renvoie au texte de la note concernant les politiques linguistiques. Finnote.jpg (2185 octets)