Pour référence :
Jucquois, Guy. 1997. Aspects de la diversité dans les sociétés contemporaines occidentales. DiversCité Langues. En ligne. Vol. I. Disponible à
http://www.uquebec.ca/diverscite

 

Introduction

  1. Des perceptions opposées de la diversité

La préoccupation centrale de la revue dans laquelle paraît cet article, préoccupation marquée dans son titre, est l'étude des multiples formes que peut revêtir la diversité dans nos sociétés contemporaines. Personne ne contestera l'intérêt de cette thématique, ni sa brûlante actualité. Les discours officiels, les médias, la presse scientifique, les colloques et réunions qui l'évoquent ou en font leur propos essentiel se sont multipliés depuis quelques années. Deux points de vue s'y combattent plus ou moins radicalement. Les uns récusent les diversités ou tentent, au nom d'un progrès destiné à tous, de les réduire ou d'en minimiser les effets actuels et futurs et rêvent d'un monde où les tensions attribuées aux différences disparaîtraient grâce à l'homogénéité des manières de vivre et de communiquer. Les autres, au contraire, considèrent les diversités comme signe et promesse d'une avenir plus humain et convivial. Pour eux, les diversités seraient la meilleure sinon la seule défense contre les menaces totalitaires d'un monde uniformisé. Bien entendu, dans les deux camps, des arguments opposés tendent à accréditer l'idée d'un accroissement de la démocratie résultant, chez les premiers, d'une réduction des diversités sociales et ethniques ou, du moins, d'une diminution de leur importance. Pour les seconds, l'uniformisation des sociétés contemporaines engendrerait inévitablement un déficit démocratique, certains estimant même que cela constituerait le danger le plus redoutable pour l'avenir de l'humanité.

  1. Caractères et fonctions de la diversité

Pourtant, malgré l'actualité du propos, on est surpris de constater que les uns et les autres restent fréquemment en défaut d'analyser et de démontrer en quoi la diversité en général ou telle diversité en particulier serait un instrument de progrès ou, comme l'affirment leurs adversaires, un obstacle à celui-ci. Sans doute faut-il mettre sur le compte d'habitudes mentales étrangères, en elles-mêmes, à la question de la diversité qui nous intéresse ici, les poncifs européens ou américains en la matière. Certes ne s'agit-il pas de politiques officielles européennes ou américaines et on pourrait citer, de part et d'autre de l'Atlantique, l'une ou l'autre voix discordante. Il n'empêche qu'il est de bon ton ­ pour nous en tenir à deux exemples majeurs -, dans l'Union européenne, de considérer la diversité du vieux continent comme une bénédiction et une richesse. Aussi le monde politique européen la présente-t-elle habituellement comme une valeur et une chance. Pour les États-Unis, par contre, la diversité, tant qu'elle ne constitue pas un obstacle, est tolérée ou simplement négligée. Peu nombreux sont les membres de la classe politique américaine qui entendent la défendre, encore moins la promouvoir, surtout si cela devait être au préjudice, même mineur, de l'anglais et de l'« american way of life ».

Dans les faits, le radicalisme polémique des deux camps pêche par simplisme. En effet, il ne suffit ni de refuser la diversité ni de l'accepter pour que différentes composantes ethniques vivent en harmonie. Pour illustrer le propos, que signifierait, par exemple, chacune des positions appliquées à la rencontre de la France contemporaine et de l'islam? Dans ce pays, la religion islamique est aujourd'hui devenue la deuxième en importance et parmi ses adeptes figurent un certain nombre de convertis. L'imbrication des sociétés maghrébines et occidentales est tellement avancée que nier le phénomène ou agir comme si tel n'était pas le cas reviendrait à nier l'évidence ou à devoir recourir à des solutions d'une violence qu'on espère révolue. Cependant, admettre la présence de l'islam ne suffit pas non plus puisqu'il importe ensuite, entre les communautés, de mettre en oeuvre un dialogue dont les conditions sont déterminées : présence minoritaire, nécessaire tolérance envers les incroyants et envers les adeptes des autres religions, notamment celles du Livre, acceptation d'un recrutement basé uniquement sur la foi, adaptation du droit, des institutions et de l'enseignement à cette nouvelle composante, nouveau métissage de la culture, etc.

Ces précisions conduisent à d'autres questionnements. Si le traitement de la diversité paraît être un des thèmes majeurs de divergence, par exemple, entre l'Union européenne et les États-Unis, comment expliquer l'absence de réflexions et de travaux sur ce qu'est la diversité dans nos sociétés contemporaines? On constate un étrange silence sur des questions qui, apparemment, ne sont même pas formulées : quand et comment la diversité se manifeste-t-elle, quels sont les phénomènes qui l'accompagnent, qui en parlent et dans quels termes, quels rôles joue-t-elle dans le fonctionnement social, politique, économique, etc. On pourrait objecter, bien entendu, que la diversité se constate et qu'elle se vit avant d'être un objet d'étude. Pourtant, il serait de saine méthode que de s'interroger sur les conditions dans lesquelles la diversité s'observe, en quoi elle réside et comment on devrait la définir, quelles en sont les formes et les manifestations, comment elle apparaît et comment elle se résorbe et disparaît, comment elle agit, ce qu'elle permet d'occulter et ce qu'elle met en évidence...

Les études sur tous les aspects de la diversité seront certainement encouragées par l'existence de cette nouvelle revue dont le titre déjà, les divers titres devrait-on écrire, met en oeuvre une politique éditoriale explicite qui constituera un lieu de réflexion, d'échanges et de discussions sur la thématique de la diversité. Dans cet article, on se limitera à une interrogation sur les conditions d'apparition de la thématique de la diversité dans la pensée occidentale, et plus particulièrement dans celle d'expression française, et sur ce que l'introduction de ce néologisme scientifique suppose sur le plan de la pensée scientifique et sur celui de l'action politique.

Diversités et identités

  1. Explorations et géographie de la diversité

Quels sont les usages du terme « diversité »? Dans la langue littéraire ou relevée, son emploi est ancien et bien attesté historiquement. Dans l'usage courant, le mot a deux acceptions que le Trésor de la langue française (7 [1979] 344-345, s.v.) précise. Dans la première acception, vieillie, le mot signifie « caractère de ce qui est opposé, contradictoire »; dans la seconde, usuelle, « état de ce qui est divers ». Les exemples proposés pour la dernière mettent en évidence l'hétérogénéité et la variété de l'humanité. L'analyse des syntagmes que cite le dictionnaire souligne encore ce point, puisqu'on y évoque la « diversité des aspects, des caractères, des choses, des circonstances, des éléments, des fonctions, des intérêts, du monde, des objets, des opinions, des régimes, des situations », etc.

Toutefois, c'est dans les Principes de géographie humaine de Vidal de la Blache (1921 : 3), qu'on quitte l'usage courant pour un emploi, sans doute non technique, mais dans un contexte scientifique. Le grand géographe synthétise le champ sémantique du terme qu'il situe également dans l'histoire des mentalités occidentales  : « l'homme s'intéresse surtout à son semblable, et, dès qu'a commencée l'ère des pérégrinations et des voyages, c'est le spectacle des diversités sociales associé à la diversité des lieux qui a piqué son attention ». Ce passage mérite qu'on s'y attarde quelque peu car il lie l'emploi du mot « diversité » à un contexte révélateur, celui de la rencontre avec d'autres mondes, celui de la découverte de la diversité du monde. On nuancera néanmoins le propos de Vidal de la Blache. Car, s'il est exact qu'une des causes des grandes découvertes et des explorations qu'entreprend l'Occident à partir du XVe siècle fut le désir puissant et vigoureux de rencontrer son semblable et de découvrir d'autres manières d'être homme et de vivre, l'attitude occidentale face à ceux que les découvreurs ne sont précisément pas prêts à considérer comme leur « semblable » sera, jusqu'à aujourd'hui, complexe, multiple, ambiguë et contradictoire. Jusqu'à nos jours, en effet, la pensée et la pratique dominantes ont été dans le sens d'une perception de la diversité en tant que contradiction et qu'opposition avec les modes de pensée et d'action occidentaux. La bipolarisation sociale et politique de la diversité s'effectue traditionnellement sur les modes de l'inclusion versus exclusion ou de l'inversion versus la conversion auxquels nous convie la mentalité coloniale et les discours qu'elle suscite. On a rappelé plus haut combien ce dualisme radical pêchait par simplisme et ne permettait pas de rencontrer les réalités.

L'ouverture relative aux diversités exotiques qui se manifeste progressivement en Occident, depuis une ou deux décennies, pourrait aller de pair avec l'ouverture aux diversités qui fragmentent nos propres sociétés. Celles-ci, en effet, ont cessé de présenter une façade monolithique. Les différences, autrefois marginalisées et réprimées, tendent de nos jours à traverser le corps social et à s'exprimer haut et clair. Significativement, deux parties sur quatre du cinquième et dernier tome de l'Histoire de la vie privée, publiée sous la direction de Philippe Ariès et de Georges Duby, sont consacrées à la diversité ou à l'uniformité culturelles. À titre d'exemples, les auteurs étudient la diversification de communautés religieuses ou politiques (catholicisme, judaïsme, communisme) ou les réactions françaises face à la diversité ethnique de l'immigration. Dans l'autre sens, l'importation de modèles mentaux et comportementaux, particulièrement nord-américains, pourraient renforcer les tendances à l'uniformisation et au conformisme.

  1. Diversités et explications scientifiques

Historiquement, le concept de « diversité » fit son entrée dans le monde scientifique par le domaine de la géographie humaine qui l'emprunta lui-même aux sciences biologiques. Dès la fin du XIXe siècle et dans une perspective initialement darwinienne, l'idée avait été introduite des sciences du vivant dans les sciences de l'homme d'un rapport entre la diversité humaine et les « genres de vie ». Reprise en géographie humaine, par Paul Vidal de la Blache (cf. supra) et Maximilien Sorre, l'étude des répercussions des différents milieux naturels a progressivement été poursuivie dans trois directions : la géographie humaine insistait sur les facteurs historiques et culturels, l'écologie se centrait sur les relations de l'homme à son environnement, tandis que l'étude des contraintes du milieu et des mécanismes adaptateurs chez l'homme se poursuivait en biologie et en médecine.

Le problème de fond est d'abord d'ordre métalinguistique : étant donné, de première part, une langue naturelle et un langage scientifique construit; de deuxième part, un ensemble cohérent de règles logiques, épistémologiques et méthodologiques; de troisième part enfin, un certain nombres de connaissances, d'observations, de postulats, le discours scientifique tente de concilier les trois types de données. Dans la mesure toutefois où les trois ordres de phénomènes sont liés de quelque manière, il y a lieu de penser que d'autres combinaisons de ces types de données aboutiraient à d'autres discours scientifiques, tout autant légitimes. Or, c'est ce qui se produit presque inévitablement lorsque la diversité ethnique intervient. Les interprétations dites « relativistes » de la diversité reposent sur l'historicité de tout langage et donc de tout discours scientifique. Elles ont en commun de renoncer à décrire totalement, de l'extérieur, c'est-à-dire d'une langue et d'une culture étrangères, la diversité ethnique. Elles s'opposent à un ensemble de conceptions pour lesquelles n'existe pas d'étiquette commune autre qu'« universaliste ». Selon celles-ci, la diversité serait exprimable intégralement dans la langue du descripteur étranger, pour autant que les méthodes adoptées soient adéquates.

Comme on peut s'y attendre, les positions des partisans du relativisme s'expriment dans un plus grand respect de la diversité ethnique, présentée comme nécessaire aux échanges entre les groupes humains, sinon comme indispensable à l'élaboration des processus identitaires favorisés par les contacts. Les positions des adversaires du relativisme ramènent la diversité ethnique à quelques processus, si bien que toute diversité peut être réduite et devient explicable dans les termes du descripteur. Selon leur orientation, les adversaires du relativisme expliquent la diversité humaine de deux manières selon qu'ils font appel à des facteurs exogènes ou endogènes. Les explications se subdivisent et aboutissent à quatre grandes familles selon qu'on recherche la source de la diversité dans l'environnement naturel (anthropogéographie, écologie culturelle) ou dans la nature biologique de l'homme, ou selon que l'explication proposée de la diversité soit d'ordre dynamique (matérialisme historique) ou d'ordre combinatoire (structuralisme).

  1. Le « droit à la différence »

Toutefois, depuis quelques années et sans qu'il faille y voir la résultante des progrès de la pensée relativiste, la thématique de la diversité émerge et connaît un succès croissant. Peut-être convient-il de voir dans cette double évolution la conséquence, dans les domaines de la réflexion et de la vie, des désillusions que les philosophies et les idéologies antérieures ont entraînées. Quoi qu'il en soit, l'émergence de la diversité se produit de plusieurs manières, opposées et complémentaires. La diversité est d'abord affirmation du « droit à la différence ». L'expression est révélatrice des rapports de force dont il est difficile de sortir, même sur le plan de l'expression langagière, puisque la « différence » s'instaure au départ de ce qui est perçu et exprimé, implicitement, comme la référence identitaire dominante. Le droit à la différence est ainsi, d'abord, expression d'une différence vécue comme un rapport inégalitaire et, ensuite, réaction contre cette situation. Il est également déclaration du droit à l'identité que revendiquent les dominés par rapport aux dominateurs. Il est enfin affirmation de la légitimité d'une identité définie « de l'intérieur », par ceux qui la vivent, et refus d'une identification qui serait uniquement externe.

On comprend la tardivité scientifique et la discrétion politique de la proclamation de ce « droit à la différence ». Les positions s'inscrivent dans des rapports de force, politiques, et seront principalement sociales et régionalistes en Occident, mais ethniques et économiques dans le Tiers-Monde. La mondialisation des rapports de force introduit d'autres modalités et tend à une redistribution des revendications identitaires. Ainsi, les anciennes langues et cultures coloniales conservent presque toujours leur position de domination dans les ex-colonies, de la même manière que, dans les métropoles, elles s'imposent encore aux « minorités », alors que, dans le même temps, se constatent entre elles de nouveaux jeux de domination.

  1. Identité et altérité collectives

Aussi, si pour quelques esprits en avance sur leur temps la diversité humaine résume la dialectique de l'identité et de l'altérité, la plupart ne verront en elle qu'obstacles à un progrès nécessairement uniformisant, traces archaïques de stades antérieurs dignes d'un intérêt folklorique et, par là même, preuves des étapes encore à parcourir. On a rappelé que ce fut seulement dans l'entre-deux-guerres que la notion de « diversité » recevra un début de contenu scientifique en s'éloignant, voire en s'opposant, progressivement au sens qu'elle continue à avoir jusqu'à aujourd'hui en philosophie générale.

Ensuite, ce sera dans le domaine de la sociologie qu'on semblera s'intéresser d'abord à la diversité. Dans les années 1970, les soubresauts contestataires que connaissent les sociétés occidentales rejoignent les interrogations identitaires des pays décolonisés. La constatation des diversités sociale et ethnique, banale en soi, devient objet d'affirmation, de revendication : le monde apprend qu'on peut être femme, homosexuel, Noir, etc., bref, minoritaire ou minorisé. Curieusement, la réflexion sur la diversité ne paraît pas provenir initialement de domaines où, pourtant, elle se manifeste avec évidence, tels que l'ethnologie et la linguistique. Certes, ces disciplines reconnaissent la diversité des cultures et des langues dont elles font l'inventaire et la description, mais la réflexion sur ce qu'est la diversité et sur sa fonction dans les sociétés humaines paraît faire défaut, de même que demeure absente une théorisation globale du comparatisme dans laquelle la diversité trouverait naturellement sa place.

En français, un des premiers articles à paraître sur le sujet est dû à Jacques Berque et constitue le chapitre intitulé « Diversité » du volume collectif La sociologie. Guide alphabétique (1972 : 139-152) publié sous la direction de Jean Duvignaud. Au début de sa contribution, Berque rappelle que « la diversité, si l'on peut dire, revient de loin » et qu'« il lui a fallu, il lui faut résister aux sommations du faux unitarisme et à beaucoup d'accusations, ou insinuations ». L'ambiguïté du concept lui apparaissait déjà, ambiguïté présente également dans deux autres concepts, la « nature » et l'« origine », dont les destins semblaient liés à celui de la « diversité ». De fait, et l'expérience des dernières années le confirme malheureusement, le recours à la « nature », tout comme le poids de la « tradition » ou l'invocation de l'« origine » peuvent être la justification d'attitudes réactionnaires, immobiles ou rétrogrades. Dans cette perspective, la diversité n'est évoquée que comme argument justifiant un « chacun pour soi ».

 


Épistémologie des sciences de l'homme et diversité

  1. Sciences de l'homme et diversité

Un sondage effectué dans différents travaux des dernières décennies révèle que le terme « diversité » est absent en tant que concept scientifique dans l'ensemble des sciences de l'homme, y compris dans les disciplines dont les fondements reposent sur une prise en compte de la diversité humaine. Une recherche dans les grandes encyclopédies aboutit à une conclusion du même ordre. Pourtant, et on le rappelait dans l'introduction, dans plusieurs régions du monde (Europe occidentale, Amérique du nord, etc.), la thématique de la diversité est devenue un des thèmes majeurs et cela tant sur le plan scientifique que sur le plan politique. En effet, nombre de documents, d'articles de presse, de discours se réfèrent explicitement à la diversité. Ainsi, dans le cadre de l'Union européenne, on mentionne fréquemment la diversité ethnique que l'on qualifie le plus souvent de « riche », sans préciser d'ailleurs en quoi résiderait une richesse considérée par d'autres, au contraire, comme un handicap qu'il importerait de dépasser en recourant à une langue commune de communication. Comment expliquer, dès lors, le contraste entre l'évocation fréquente d'une situation, celle de la diversité des ethnies, horizon de toute discussion sur l'avenir de grands ensembles, voire sur l'avenir du monde, alors que la notion en elle-même ne paraît mériter aucun effort de réflexion et reste absente des travaux scientifiques?

Les premiers éléments de réponse ont été fournis plus haut. Dans des relations inégalitaires, il est sans doute difficile pour le dominant de percevoir la situation spécifique du dominé. Depuis le XIXe siècle, les sciences se sont institutionnalisées et elles entretiennent désormais d'étroits rapports de dépendance avec un pouvoir, politique et (ou) économique, qui subsidie largement tant la recherche que l'enseignement. C'est durant la même période que les sciences qui ont l'homme pour objet se sont constituées en élaborant une terminologie et une méthodologie qui reflètent, indirectement, ses commanditaires institutionnels et l'idéologie dominante. Dans ce contexte, la « diversité » est d'abord ce qui résiste à l'uniformisation qui devrait déboucher sur l'unité, but ultime de la civilisation. Rappelons que c'est, encore au XIXe siècle, l'acception la plus courante du mot « diversité », en sorte que ce qui est divers ou différent est perçu comme en opposition. Dans le même temps, s'accrédite l'idée que le langage de la science serait « objectif » et qu'il décrit nécessairement une réalité qui ne peut, également, être qu'unique. Ainsi, acquiert-on la conviction qu'il n'existe qu'un discours scientifique possible, ramenant progressivement le foisonnement du réel à une seule explication.

Ainsi, celui qui est différent, le dominé marginalisé ou minorisé, ne prend-il la parole que parce qu'on la lui laisse et même alors n'exprime-t-il que ce que le dominant souhaite ou imagine entendre. La relative prise de conscience du dominant exigera un long temps et de nombreux conflits. Lorsqu'enfin, vers les années 1970, l'existence de la diversité commencera à être reconnue, elle continuera à être exprimée en termes de dominant et tendra à devenir l'identité du dominé, de celui qui proclame son « droit à la différence ».

En fait, ce sont les fondements descriptifs des sciences qui ont l'homme pour objet qui s'avèrent centrés sur les perspectives naturelles du dominant et ceci concerne la terminologie scientifique de la plupart des disciplines, mais évidemment également leur méthodologie et leur épistémologie. On s'attendra donc à devoir formuler les mêmes remarques à propos de toutes les questions qui mettent en cause des ensembles d'éléments dont les premiers apparaîtraient comme appartenant à un monde connu, délimité, stable, bref le monde du locuteur ou celui au nom duquel il parle même sans le savoir et dont les seconds relèveraient d'un univers discontinu par rapport à celui du locuteur. Le second serait « réduit » ou ramené à l'univers du premier par l'illusion qu'entretient la rationalité supposée du discours scientifique. Ainsi, à titre d'exemple, le concept de « minorité » ou celui de « marginalité » font-ils difficulté de la même manière.

  1. Autocentrisme et sciences de l'homme

Sans doute, faudra-t-il envisager de repenser l'ensemble des sciences de l'homme selon de nouveaux paramètres. Cela ne signifie bien entendu pas que les résultats accumulés jusqu'à présent seraient devenus caducs, mais simplement que leur validité devrait être strictement limitée au domaine du premier univers, exactement de la même manière et pour les mêmes raisons que la géométrie euclidienne ne devint pas obsolète par la découverte, au début du XIXe siècle, des géométries à n dimensions Les dernières années se sont élaborées dans plusieurs domaines des éléments de nouvelles approches méthodologiques. Sans qu'on puisse les définir rigoureusement dès à présent, il est néanmoins acquis que se met en place une épistémologie de l'« inter » sur laquelle on reviendra plus loin. Le centrisme de la pensée dominante, sociocentrisme pour nos propres sociétés et ethnocentrisme envers les autres ethnies, est tellement omniprésent que la seule détermination de s'en affranchir ne peut garantir d'y réussir. On en voudra pour preuve la grande Encyclopédie philosophique universelle éditée sous la direction d'André Jacob qui dirigea également le tome 1 consacré à L'univers philosophique (1991). Sous sa direction fut élaboré un utile index des concepts traités dans les encyclopédies existantes, soit un ensemble de 19 000 entrées qui, après divers traitements, donna l'« index des index ». L'éditeur de l'encyclopédie fait remarquer en liminaire (p. 1911) que le lecteur « s'apercevra que le présent projet d'Encyclopédie philosophique universelle aura donné plus d'extension que tout autre aux notions non occidentales notamment en accueillant pour la première fois l'« ethno-philosophie ». De fait, l'encyclopédie fait la part (relativement) belle aussi bien aux philosophies non occidentales qu'aux disciplines qui visent à la compréhension des autres cultures. Mais il s'agit encore d'une juxtaposition de connaissances qui, si elle est de qualité, ne permet cependant pas d'entrevoir ce que serait une science reposant sur un dialogue des cultures et sur un dialogue des savoirs. Cet « index des index » ne reprend aucun des termes évoqués plus haut : diversité, minorité, marginalité, etc.

  1. Épistémologie et méthodologie de l'« inter »

Dans plusieurs disciplines se sont développés des concepts, marqués souvent formellement par l'élément inter-, qui visent tous à rendre certains aspects des relations perçues « entre » deux ordres d'éléments sur le modèle du plus ancien « interprétation ». Les dernières années ont émergé, dans des contextes scientifiques, des formations telles que interaction, interrelation, interculturalité, interethnicité, etc., qui ne sont que l'expression lexicologique de l'avènement d'un nouveau paradigme scientifique qu'il y a lieu de mettre en parallèle avec d'autres néologismes scientifiques visant à rendre compte de dimensions méthodologiques et épistémologiques nouvelles, pressenties comme étant « en dehors », « en marge » ou « ailleurs » par rapport à la rationalité traditionnelle qu'on pourrait qualifier de fermée, linéaire et hiérarchisante. Récemment quelques auteurs ont proposé différents termes pour exprimer ces réalités, ainsi, à titre d'exemples, chez Edgar Morin la complexité ou chez Jacques Ardoino la multiréférentialité. Ces notions nouvellement introduites ne sont d'ailleurs pas étrangères aux développements récents, parfois implicites, de problématiques plus anciennes telles que l'herméneutique.

Ce qui est recherché, sans doute encore obscurément à travers des démarches extérieurement différentes et sans lien entre elles, consiste en la mise sur pied d'une méthode permettant de décrire des univers en relations, mais absolument non réductibles à l'un quelconque d'eux. Les concepts relationnels et dialogiques sont certainement les seuls qui correspondent à ces nécessités, pour autant qu'on accepte de considérer que la communication doive demeurer dans une relative indétermination. Les approches de la psychanalyse et de l'anthropologie paraissent répondre le mieux aux exigences des nouveaux développements des sciences de l'homme, situation paradoxale car ces disciplines sont précisément celles sur la scientificité desquelles la science classique formulait fréquemment de sévères réserves.

Multiplicité des « sujets » et des enjeux

  1. Le retour du « sujet »

Une autre manière de formuler les changements qui se produisent dans les mentalités consiste à constater les revendications insistantes et énergiques en faveur d'un retour du « sujet » dans la science et dans la politique. Les déboires provoqués en notre siècle par les grandes idéologies ont convaincu plus d'un de la légitimité, aussi sur le plan rationnel, d'interpeller également le sujet au nom duquel on prétend parler et au bonheur duquel on affirme travailler. La base philosophique et scientifique dont se réclament les idéologies du « bonheur de l'Autre » se prétend strictement rationnelle. En fait, la marque principale de rationalité consiste dans l'expulsion de tout l'humain au profit d'un matérialisme affirmé comme conclusion scientifique alors qu'elle n'est et ne peut être qu'une « option philosophique antérieure au choix méthodologique, qu'elle détermine et oriente » (Abou, 1992 : 135), un refus de l'historicité et de la contingence de l'homme en tant que sujet de l'histoire et que sujet de sa propre histoire.

Les enjeux y étant moins massivement collectifs, parce que morcelés, que dans les grandes conceptions politiques, la dialectique du Je et de l'Autre permet de comprendre les fondements d'un double processus, celui de l'individuation et de la socialisation du Je aux contacts nécessaires avec l'Autre. On sait que le sujet ne peut devenir lui-même, dans toutes ses potentialités développementales, que dans la mesure où s'instaurent de constantes relations avec ses semblables. La rencontre de l'Autre, si elle conserve son mystère, est occasion de découvertes d'autres manières d'être et d'un affermissement de sa propre indépendance et liberté. À cet égard, il est intéressant de noter que, si la notion de « diversité » a évolué de la manière qu'on a tentée d'exposer plus haut, celle d'« altérité » a suivi un cheminement parallèle et doit, de nos jours, s'interpréter de façon dialogique.

Des politiques pour des citoyens

Sur le plan collectif et politique, la question de la diversité ethnique est au coeur des débats qui président, sur le plan mondial, à l'unification de grands ensembles régionaux, tels que l'ALENA ou l'Union européenne. La question majeure qui s'y pose a deux faces : d'abord celle d'une amélioration du niveau de vie et du bien-être général en facilitant les échanges entre communautés, objectif de principe sur lequel l'unanimité est aisée à obtenir, ensuite le sort des diversités et donc des identités ethniques dans cette évolution. C'est sur ce second point que les divergences se manifestent, certains estimant que l'uniformisation est un prix modique à payer en regard des bénéfices escomptés, d'autres étant convaincus que l'affaiblissement ou la perte d'éléments identitaires provoquera une diminution de la cohésion sociale, voire des tensions et des troubles. L'analyse concrète diffère d'ailleurs d'une région à une autre. C'est le danger que, par exemple, Jacques Attali souligne à divers endroits de son ouvrage Europe(s) en envisageant la situation actuelle de l'Union européenne qui deviendrait « à la fois anachronique et ingérable » si elle se « laisse aller à s'élargir parce qu'elle ne peut s'approfondir » ou « si elle persiste à confondre espace et puissance » (150). Attali précise sa pensée en montrant que l'urgence est différente en Europe de l'Ouest où il s'agit de dépasser le cadre des nations et en Europe de l'Est où il importe de créer ou de recréer des frontières stables à l'intérieur desquelles « des peuples différents fonderaient des nations » (151). En bref, si l'objectif doit être d'améliorer le bien-être et la sécurité de tous, cela suppose le maintien de la diversité des nations (181), l'unification européenne « ne représenterait pas un facteur d'uniformisation, mais favoriserait le métissage des cultures et des langues, produisant de nouvelles différences plus riches que les précédentes » (195).

Le déficit démocratique

Les positions d'Attali sont classiques et sans doute majoritaires en Europe C'étaient déjà celles que les ministres de l'éducation de l'Union avaient adoptées, dans la résolution votée en 1969, en vue de protéger la diversité linguistique en Europe considérée comme une source majeure d'enrichissement intellectuel (cité par Bruguière, 1978 : 78). La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, promulguée en 1992, étend même le souci d'une protection visant à l'épanouissement des diverses composantes ethniques européennes à des communautés à dimensions parfois modestes. La permanence de ces positions ne garantit cependant pas leur mise en oeuvre concrète. De fait, à examiner les statistiques d'apprentissage des langues étrangères au sein de l'Union, on constate que dans plusieurs pays de l'Union (Danemark, Allemagne, Espagne, France, Finlande et Suède) plus de 90 % des étudiants du secondaire choisissent l'anglais comme première langue étrangère, pourcentage encore aggravé si l'on sait que le nombre moyen de langues étrangères apprises dans le cadre de l'enseignement secondaire général était pour l'année scolaire 1992/1993 de 1,2. Dans le domaine des institutions, comme dans celui de la vie économique et culturelle, les observations vont dans le même sens : l'unification européenne accroît encore l'importance de l'anglais au détriment des autres langues et cultures.

En d'autres termes, le processus d'unification européenne n'a absolument pas réalisé, jusqu'à ce jour, l'« enrichissement intellectuel » ni le « métissage des cultures et des langues » dont les bienfaits sont régulièrement chantés. Quelles que soient les intentions déclarées des hommes politiques, le processus d'unification européenne oeuvre concrètement à l'uniformisation des diversités. On sait que la domination exercée par une culture sur les autres entraîne le plus fréquemment un effet de dépendance qui se marque par l'imitation globale des manières de vivre et d'être du dominant qui tendent à être reproduites. La logique qui préside à ce processus est régressive parce qu'elle fait croire que la survie et la sécurité du dominé passe nécessairement par la soumission au dominant et par son imitation tandis qu'elle évite toute remise en cause des modes de pensée et d'être du dominant, conforté par le mimétisme du dominé dans ses illusions sur la prééminence de ses propres modèles d'existence. Les logiques de l'identité comportent des limites que l'ouverture aux différences permet de dépasser. Au cours des cinq derniers siècles, l'Occident a pu exercer sa suprématie sur une bonne partie du monde et cela notamment par les effets de sa rationalité. L'époque au seuil de laquelle nous sommes exigera également d'autres formes de rationalité que celles qui ont prévalu jusqu'à présent. Sans doute et dans une certaine mesure, les progrès technologiques peuvent-ils se poursuivre malgré une uniformisation des modes de pensée scientifiques. La véritable question est cependant d'un autre ordre. Il ne s'agit pas, en effet, de s'interroger sur les possibilités de survie de l'espèce humaine dans l'hypothèse d'un renforcement des tendances à l'uniformisation, mais de se demander quels seraient comparativement les avantages et les inconvénients de cette évolution ou d'un maintien et d'un épanouissement de facteurs différenciateurs.

Les études comparatives sur ce point font défaut. Quelques indicateurs permettent néanmoins d'avancer. On se bornera ici à les évoquer à titre d'exemples. Ainsi, dans le domaine de la production et de la consommation, la croissance s'accommode-t-elle initialement d'une production de masse à laquelle correspond une consommation de masse. Cependant, lorsque les besoins primaires sont satisfaits, la poursuite de l'expansion économique exige progressivement la diversification de la production afin de rencontrer la diversité réelle du marché. Ce qui, dans l'analyse économique limitée à un type de produits, est de l'ordre de l'évidence, l'est également d'une façon générale. L'évolution du poids relatif du secteur primaire par rapport au secondaire et de celui-ci par rapport au tertiaire montre un accroissement constant du pourcentage du secondaire face au primaire et, plus récemment, du tertiaire par rapport au secondaire. Or, comme on l'a démontré ailleurs, le tertiaire est par excellence le secteur d'épanouissement d'une diversité indispensable et qui s'étend à la limite jusqu'à l'infinité des besoins individuels, particuliers, spécifiques, si bien que l'expansion du secteur tertiaire suppose l'expansion corrélative des diversités des besoins et des demandes qui la sous-tendent.

Que ce soit en matière de gestion des ressources humaines ou dans le domaine de la politique, les études de terrain rejoignent les conclusions des études théoriques pour insister sur la nécessité de la cogestion et de la participation de tous les acteurs, même si, dans les faits, les avancées sur ce point semblent fortement corrélées aux interprétations de l'évolution générale de la société. Le fondement des courants participationnistes est la constatation du pluralisme des attitudes et des comportements qui répond à la constatation de la diversité des capacités, des besoins et des désirs. La réflexion théorique et l'observation mettent en évidence les conséquences d'un refus de prise en compte de cette situation. Positivement, si, comme le notait déjà Tocqueville à propos de la première version du droit constitutionnel des États-Unis, la diversité des composantes d'une société doit permettre d'imaginer et de mettre en oeuvre des solutions dans une bien plus grande variété de situations que ne l'auraient permis les ressources d'une société uniformisée. Négativement, le fait d'exiger de tous des attitudes identiques et uniformisées, renforce le conformisme de la communauté, diminue les capacités d'innovation et accentue le désintérêt pour une oeuvre dans laquelle chacun de ne sent pas directement impliqué et dans laquelle il lui est interdit d'investir selon sa propre personnalité.

Cette remarque conduit à une dernière illustration. Les observations sur la violence et le terrorisme dans les sociétés contemporaines rejoignent les conclusions tirées depuis plusieurs décennies par la sociologie urbaine. Le processus de socialisation exige, pour se dérouler harmonieusement, que puissent s'épanouir les capacités d'identification qui reposent notamment sur l'intériorisation d'ensembles de similitudes et de différences. L'uniformisation des traits distinctifs au sein d'une société rend ce processus plus difficile, voire impossible. La recherche d'une identité qu'il n'est plus possible d'acquérir par des voies normales risque alors d'emprunter les voies de la violence. Dans les sociétés contemporaines, en corollaire de l'exigence accrue d'une diversification des rôles individuels et d'une reconnaissance de la légitimité et de la nécessité des diversités, figure l'exigence d'une relative modération des écarts des fortunes individuelles.

  1. Les enjeux

D'autres exemples pourraient encore illustrer les rôles, positifs ou négatifs, des diversités ethniques. On n'insistera pas sur les aspects négatifs qu'ont mis récemment en évidence les violences, par exemple, de l'ex-Yougoslavie ou du Rwanda. En effet, les diversités peuvent également servir de fondement à l'exclusion plutôt qu'au dialogue, au repli régressif et réactionnaire sur une prétendue identité traditionnelle supposée menacée, plutôt qu'à l'ouverture sur les tentatives de réponses élaborées historiquement par d'autres collectivités humaines afin d'imaginer conjointement des solutions aux problèmes de notre temps. Les questions soulevées concernent l'ensemble du monde contemporain et plus particulièrement le monde occidental, dans ses dimensions économiques, politiques, sociales et culturelles, religieuses ou scientifiques. Ainsi, on n'aurait pas osé imaginer, il y a encore quelques décennies, l'instauration d'un dialogue entre les religions, dès lors que les tentatives oecuméniques limitées à certains chrétiens rencontraient d'énormes difficultés. Aujourd'hui, les théologiens de diverses religions, appuyés par leurs plus hautes autorités, préconisent un dialogue universel entre les religions, position intéressante pour notre propos car elle semble mettre entre parenthèses les certitudes antérieures liées à des rationalités classiques.

Dans les sciences qui ont l'homme pour objet, comme dans les pratiques politiques et sociales, il faudra impérativement prendre en compte les diversités ethniques et les aspirations particulières, ce qui suppose la mise en chantier de méthodologies et d'épistémologies qui y fassent droit. Le XXe siècle sortirait ainsi des désillusions des vérités uniques, voies royales des totalitarismes, pour accéder à des formes complexes de rationalité, à une meilleure compréhension et à une gestion plus adéquate des diversités humaines. Comme l'affirmait récemment Michel Serres, la question de la « vérité » des affirmations scientifiques converge aujourd'hui vers la question éthique des actions entreprises en son nom.. Il s'agit, en effet, de savoir « à quels dangers de violence, de famine, de douleurs, de maladies, de mort... ces mondes nouvellement créés exposent (...) nos contemporains et leurs successeurs, les générations futures ». En somme, on assiste à un renversement des soubassements de la rationalité traditionnelle, car pour notre époque « le problème, épistémologique, du faux converge (...) vers le problème, éthique, du mal  ». L'acceptation des diverses manières d'être homme pourrait conduire notre espèce à devenir plus humaine. L'acceptation de la diversité humaine constitue aussi un prérequis pour la promotion de la dignité humaine. Celle-ci, en effet, ne peut croître que dans la mesure où les comportements interpersonnels sur le plan individuel et les comportements interethniques sur le plan collectif reposent sur une meilleure estime de chacun des partenaires. Comment, dès lors, ne pas attacher à la diversité toute l'importance qui découle de cette espérance?

 

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