On trouvait à Paris au 19 ème siècle, un dialecte qui fut associé aux malfrats et aux criminels et qui fut popularisé par les chansons et les films des années 30. Ce sociolecte a depuis la deuxième guerre mondiale progressivement disparu et son argot s’est dispersé dans le répertoire linguistique de tout un chacun. Nous essayerons dans cette étude de rassembler les traits saillants de ce que l’on appelait le vernaculaire parisien ou « français populaire » à partir de rares archives audiovisuelles disponibles à la Bibliothèque Nationale et tenter d’évaluer sa vitalité aujourd’hui à Paris.

Ce travail consiste en l’étude de trois corpus bien distincts. Notre premier corpus comprend deux films des années 30 Fric-frac et Le Jour se lève caractérisés par l’abondance de traits non-standard. Le film Fric et Frac adapté d’une pièce de boulevard de Bourdet célèbre dans les années 30 et Le Jour se lève, écrit par le tandem Carné/Prévert, restent des films d’anthologie des années 30. Ces chefs-d’œuvre du cinéma d’avant-guerre mettent en contraste la petite bourgeoisie et la classe prolétaire. Le deuxième est un corpus de chansons de Maurice Chevalier, renommé en France comme aux USA pour sa gouaille et son accent parigot. Le dernier corpus que nous avons utilisé est un corpus de cris de marché recueillis dans les archives de la Phonothèque nationale et maintenant disponibles à la BNF de Paris.

Après avoir donné une brève description de la sociologie de Paris du 15 ème siècle à nos jours, nous chercherons à mettre en lumière les éléments phonologiques, syntaxiques, discursives ou lexicales de chacun de nos trois corpus. A l’aide de tables de fréquence compilé grâce à un concordancier, nous analyserons le lexique du vernaculaire parisien tel qu’il apparaît dans nos enregistrements de dialogues, de chansons et de cris. Dans notre dernière section, nous nous intéresserons aux cris de marché dans le Paris d’aujourd’hui, à partir d’enregistrements effectués en 2004 sur les principaux marchés « populaires » de Paris et tenterons d’évaluer si le vernaculaire parisien a perduré ou s’il a complètement disparu.

Mots-clés : argot, français populaire, chansons, films, 1930, corpus, sociolinguistique