Cet article présente une recherche sur la présence relative du français et des langues africaines dans le vécu de jeunes lycéens du Burkina Faso. S'appuyant sur un modèle d'analyse de la vitalité ethnolinguistique, les auteurs proposent une étude du vécu langagier d'un échantillon de la population burkinabé francophone lettrée à partir, entre autres, des questions suivantes : dans quelle mesure le français est-il utilisé dans les institutions? Comment les répondants perçoivent-ils la vitalité et la légitimité, actuelle et future, de leur langue maternelle et française? A quel degré ces langues sont-elles porteuses d'identité et notamment le français qui certes est important pour avoir accès à un statut socio-économique plus élevé mais qui représente également le passé colonial auprès d'un peuple épris de sa fierté nationale et en quête d'autonomie authentique. En plus d'une étude précise sur le degré d'emploi de chaque langue, l'enquête apporte une connaissance élaborée du vécu par l'intermédiaire de l'étude de réseaux linguistiques dans chacune de ces langues et du rapport identificatoire entretenu avec chacune d'elle. Les variables étudiées étant reliées théoriquement au sein du modèle utilisé, certains résultats peuvent aussi permettre de prédire une part de l'évolution future de ces langues pour le groupe de personnes interrogées.