Le basque est une langue isolée qui date de l’époque pré-indoeuropéenne. La zone dans laquelle il se parle s’est considérablement rétrecie sous l’impact de la romanisation. La désignation « Pays basque » peut renvoyer à différents territoires : le Pays basque nord englobe les territoires du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule.

Le Pays basque sud comprend la Navarre et la Communauté Autonome qui est à son tour composée du Guipuscoa, la Biscaye, et l’Alava. Le sud de la Navarre et l’Alava, ainsi que l’ouest de la Biscaye sont largement hispanisés. Mais aussi dans la zone restée bascophone, l’émigration de bascophones et l’immigration de non-bascophones ont contribué à la romanisation des zones urbaines et industrielles. Jusqu’à la fin de l’époque franquiste en Espagne, et encore aujourd’hui en France, le basque existe dans une situation de diglossie qui le subordonne à l’espagnol et au français. Cette constellation à une influence sur la langue qui se romanise de plus en plus.

Depuis les années 1980, la standardisation, accompagnée d’une politique volontariste en faveur du basque, offre pourtant de nouvelles perspectives d’épanouissement. Les nouvelles générations sont majoritairement scolarisées en basque ou bilingue, et par conséquent, le nombre de bascophones augmente en raison de l’incorporation de locuteurs dont le basque n’est pas la langue maternelle.

Mais la standardisation n’a pas conduit à l’émergence d’un standard unique, car elle a seulement transformé un ensemble dialectal en une langue pluricentrique. Le dialecte guipuscoan domine dans le standard de la Communauté Autonome, tandis que le standard du nord reste fortement marqué par le navarro-labourdin. La (Haute-) Navarre constitue une zone de transition entre ces deux ensembles.

La description du basque doit prendre en compte sa situation sociolinguistique, parce que la langue est en quelque sorte façonnée par les conditions dans lesquelles vivent ses locuteurs.

J’aborderai finalement l’émergence du langage journalistique, qui joue un rôle important dans « la normalisation » de la langue basque.