Cet article vise à mettre en exergue les déterminants du choix de la langue d’enseignement au niveau universitaire chez quelques étudiants issus de familles exogames francophones-anglophones vivant en milieu minoritaire francophone. Les résultats des entretiens menés auprès d’étudiants suivant, d’une part, un enseignement universitaire en français et, d’autre part, en anglais, montrent que le suivi d’un enseignement universitaire dans l’une ou l’autre langue procède d’une dynamique complexe car multidimensionnelle. En effet, le choix de la langue d’enseignement est en réalité déterminé par un rapport complexe entre trois facteurs interdépendants qui s’organisent en une configuration particulière pour chaque sujet : l’intensité du vécu français en famille, à l’école et dans le milieu socio-institutionnel ; le moment où il se positionne dans le cycle de vie c’est-à-dire dans leur socialisation et le rapport entretenu avec la socialisation primaire et secondaire ; l’appartenance identitaire et le lien attribué entre langue, culture et identité. De manière générale, nous pouvons affirmer qu’étudier en français constitue pour les sujets interrogés une manière de renouer et de s’affirmer, plus ou moins consciemment, dans l’identité francophone.