En Nouvelle-Écosse (Canada), beaucoup de parents acadiens et francophones ont exprimé des inquiétudes face à une scolarisation qui serait entièrement en français sauf pour les cours d’anglais langue seconde. Leur crainte principale est que leurs enfants auraient des difficultés à intégrer la communauté anglophone dominante. L’étude présentée s’appuie sur un modèle théorique qui prend en considération l’ensemble des variables du vécu langagier des élèves et démontre que cette crainte n’est pas fondée. Deux types d’analyses statistiques amènent les auteurs à conclure que la compétence langagière en anglais n’est aucunement défavorisée par la scolarisation en français et que plus celle-ci est forte, plus le degré de bilinguisme est élevé et plus ce bilinguisme est de nature additive. De plus, conformément à l’hypothèse de l’interdépendance linguistique, plus la compétence langagière en français est élevée, plus les scores de compétence en anglais sont élevés.