Les contacts entre groupes langagiers sont le propre de la plupart des sociétés dans le monde. Chez les individus, le bilinguisme plutôt que l'unilinguisme demeure la règle plutôt que l'exception. Quels ensembles de facteurs influencent les choix langagiers des bilingues en situation de communication interculturelle ? Nous offrons une analyse critique des facteurs macro et micro sociolinguistiques qui affectent la dynamique des permutations de langues (code-switching) chez les bilingues. La vitalité ethnolinguistique des communautés ainsi que les politiques linguistiques qui affectent le statut des langues en contact forment le cadre intergroupe des communications bilingues. Les normes sociales s'appliquant aux sujets de conversation, aux objectifs de l'échange et au statut des interlocuteurs (âge, sexe, classe sociale), ainsi que les réseaux individuels de contacts linguistiques constituent le cadre sociolinguistique des communications bilingues. La théorie de l'identité sociale, la théorie de l'adaptation de la communication, le modèle d'acculturation interactif ainsi que les croyances concernant la vitalité ethnolinguistique des groupes en contact sont les approches motivationnelles, affectives et cognitives qui expliquent la dynamique des échanges bilingues. Nous concluons en abordant les principaux enjeux théoriques et méthodologiques reliés à ces différents niveaux d'analyses des communications bilingues.

 


* Cette communication a été présentée lors d'un symposium intitulé : "La dynamique des Langues: perspectives sociocritiques". Ce symposium organisé par le comité de recherche en sociolinguistique (RC25) de l'Association internationale de sociologie (AIS) qui a eu lieu lors du 65e Congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS), Université de Montréal, Québec, Canada, mai 2000. Cette recherche a été rendue possible grâce à la Chaire Concordia-UQAM en études ethniques.